Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

26 juin 2007

Madeleine musicale

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Aimee Mann, elle a ça de fantastique, d'unique et de merveilleux : tu peux l'écouter tout le temps. Tout le temps, elle sera le mot juste. La mélodie qu'il faut.
Si tu es un peu bluesy, elle va t'apaiser sans te violenter, t'éclairer d'une lumière toute douce et te faire remonter tout en préservant la sensibilité à fleur de peau si précieuse de ces moments-là.
Si tu es tristoune, elle va faire couler quelques larmes, et tu t'en sortiras purifié, comme lavé, comme nettoyé. Mais pas artificiellement regonflé.
Si tu es happy de la vie, elle te soutiens avec sa guitare et elle fait sa reine du rock et tu la suis n'importe où et la vie est belle et sunshine.
Si tu ressens quelque chose sans trop savoir quoi, elle te le fera comprendre, she knows there's a word for this.

Aimee Mann, je l'ai écoutée si souvent qu'elle fait partie de mes meubles, de mes veines, des petites bulles d'oxygène que mes globules rouges portent dans leur dos.

Et pourtant...

Il y a ces chansons-là, qui aujourd'hui quand je les entends, résonnent particulièrement. Certaines plus que d'autres. L'album I'm With Stupid tout spécialement.

Parce que le matin quand je prenais le RER pour aller à Worldsasshole pour y suivre ma formation IUFM, après m'être levée tôt et avoir marché dans le froid, je n'avais pas mal au ventre parce que ça c'était réservé aux jours où j'allais au lycée, mais j'avais mal à la tête, ce mal qui commençait à empirer et qui allait devenir mon champion de l'année 2007. Et alors je ne pouvais pas supporter d'écouter quoi que ce soit dans mon balladeur, mais je ne pouvais pas supporter non plus d'écouter la réalité. Les bruits des gens qui mâchouillent. Les voix. Le son grésillant de la musique de merde qu'ils écoutent dans leur balladeur à eux. L'éventualité de croiser une camarade de formation à qui je n'avais pas envie de parler "boulot".

Aimee Mann dans ces moments-là a été mon cocon, mon coton, mon coquillage si profond que je pouvais m'y plonger et me sentir à l'abri. Je pouvais laisser tomber ma tête contre la fenêtre, et pleurer, et me demander Mon Dieu comment vais-je survivre à ça, puis Mon Dieu comment vais-je me sortir de tout ça, puis Est-ce que je ne suis pas un peu lâche de tout vouloir quitter comme ça ? Peu à peu, sans violence, elle m'a aidée à trouver les réponses.

Ecouter ça aujourd'hui me rappelle ces matinées grises, pleines de brouillard et de rosée, sur les bords de la nationale que je devais longer pour aller en cours. Ces matinées que je détestais, mais que je détestais moins que d'aller faire cours, et qui étaient presque ma pause de la semaine. C'était loin et c'était chiant, mais j'y respirais. Quand j'arrivais au bout de mon périple, il y avait Aimee dans mes oreilles, il y avait Laetitia et son khol noir, et il y avait ce petit pont, au-dessus de ce ruisseau. Le ruisseau, si vous me connaissez, vous savez que c'est en quelque sorte ma métaphore à moi du bonheur idéal. Quand j'ai vu ce ruisseau là-bas, je me suis dit que peut-être. Peut-être ce serait bien.
Ce ruisseau et Laetitia sont les deux bonnes choses qui font que je ne regrette rien, et qui sont cachées pour longtemps tout au fond de "You're With Stupid Now".

En cette occasion si vous voulez écouter ce dernier titre, j'ai fait un nouvel album photo, en musique cette fois, il n'intéresse au fond que moi, mais ici, c'est aussi à ça que ça sert.
Si vous êtes intéressés ou si vous êtes moi dans quelques années, il faut cliquer là
Good Bye Over There
et ensuite cliquer sur "Diaporama", juste au-dessus des thumbnails.
Le nombre de photos ne correspond pas à la durée de la chanson mais bon, peu importe.

Whatever.

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