Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

27 février 2010

Inutile de s'en faire Tout ça est loin derrière

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Dr. Claude Colvin Is an English Professor at the Belmont Ohio, Extension of Ohio State University, and One of the Area Leaders Opposed to Strip Mining. Here He Holds Crown Vetch, A Tough Ground Cover Planted over Miles of Hanna Coal Company Stripping in Southeast Ohio near Steubenville. The Vegetation Holds the Dirt But Is Unsuitable for Grazing. 10/1973 (@ The U.S. National Archives)

Cette semaine, je me suis retrouvée à passer, à l'insu de mon employeur actuel - aka "Le Vaisseau" - des entretiens d'embauche. Pourquoi, comment, peut-être que j'aurai le temps d'en parler, peut-être pas.
Le hasard, ou plutôt, assez indubitablement, un atavisme sournois, a fait que mes pas ont été conduits sur des chemins du passé, sur des routes abandonnées, me plongeant, évidemment, face à des résurgences de ces moments-là, de ces mois si intenses, dont j'ai, par bonheur, une trace sur ce blog, à ses débuts.

En effet, pour le premier, je me suis retrouvée dans ce bâtiment même, où, fin 2005, je trouvais le premier boulot qui me plairait vraiment, grâce à Lil - dont j'aimerais prendre des nouvelles, mais comme je lui porte la poisse, je n'ose pas.
En passant la lourde porte arrondie, en posant le pied sur ces marches presque plates, striées d'anti-dérapant et pourtant toujours aussi mal foutues, j'ai tout revu. Mes narines, bien qu'encombrées par une sinusite aigüe et tenace, ont capté malgré tout l'essence du passé. Cette odeur, que jamais ailleurs je n'ai sentie, aujourd'hui atténuée, soit par la maladie, soit par le temps, cette odeur de quoi, je ne sais pas, de colle, de peinture ? Cette odeur qui, mieux qu'un billet de blog, a rempli à merveille son rôle de hameçon, amenant avec elle dans un grand mouvement toute une ribambelle de souvenirs, de sensations, de paillettes du passé.
J'ai croisé des gens qui étaient là déjà à l'époque, pu échanger quelques mots sur des noms, des prénoms, pris des nouvelles de ceux dont le chemin avait dévié.
Dont moi.
Dévié et pourtant revenu au point de départ, comme après une grande promenade.

Mais le poste en lui-même n'était pas situé là. Il s'agissait juste de la direction.
C'est pourquoi, deux jours plus tard, j'avais un autre rendez-vous, pour rencontrer la responsable actuelle. Et cette fois, il s'agissait de retourner dans l'université où j'ai passé deux ans. En sortant du métro, mes pas ont retrouvé leur chemin naturellement - quelques mètres en remontant le boulevard Saint-Michel, puis à gauche, traverser quand on peut, avant ou après le Champo, peu importe, puis remonter d'une allure décidée la rue de la Sorbonne. Passer l'épreuve du vigile de l'entrée - mais là, sans carte d'étudiant à brandir. Puis traverser la cour, aujourd'hui en travaux. Grimper les escaliers de pierre, s'attarder sur les boiseries.
En ressortant de l'entretien, j'ai, avant de sortir, fait un petit crochet par des couloirs, des halls, jeté un œil à travers des portes vitrées pour voir les amphis où, essoufflée, je me faufilais, en retard.
J'ai même senti, dans mon dos, le souffle glacé du fantôme de ma copine molle.
Les étudiants n'ont pas changé, et je ne me suis sentie, finalement, ni plus ni moins des leurs que je ne l'étais alors.
J'ai repensé à cette époque compliquée, où, là aussi dans le froid, mon cœur battait à la pensée que, quelques mètres plus loin seulement, se trouvait celui qui m'était alors interdit - et que j'ai épousé depuis.
J'ai repensé à ma liberté d'alors - car oui, rien n'y fera rien, jamais, je considèrerai toujours le travail, aussi plaisant soit-il, comme la pire des aliénations -, j'ai repensé au plaisir que j'avais d'écrire ici, et de lire les écrits d'une blogsphère autrement plus passionnante qu'elle ne l'est aujourd'hui, et qui ne portait d'ailleurs pas même cet horrible nom. Aujourd'hui leurs auteurs n'écrivent plus, ou écrivent ailleurs.

Je ne suis pas sûre de postuler finalement, car je crois que ce que je cherche réellement, ça ne reviendra jamais.

[Pour l'autre poste, celui qui, tout en étant dans le même quartier, m'intéresse pour des raisons plus professionnelles, là, par contre, je ne sais pas encore]

Tapoté par coxetclem à 15:31 - 2 gentil(s) commentaire(s) - Permalien [#]

Commentaires

    Moi aussi je me souviens de ta copine molle... Par contre je ne me souviens pas de celui que tu observais à quelques mètres. J'ai loupé ça?

    Tapoté par Grenouille, 05 mars 2010 à 13:51
  • Non, non, tu n'as rien loupé, je ne pouvais pas en parler à l'époque, alors je n'en parlais pas.
    Donc bravo quand même !

    Tapoté par Stella, 05 mars 2010 à 20:43

Vous êtes arrivés là soit par hasard, soit par un vilain dérapage manuel, soit pour lire les commentaires existants, soit pour en écrire un vous-même. S'il s'agit de la dernière solution, ne prenez pas peur, et tapotez quelques mots, de vos doigts les plus doux, dans le gentil formulaire ci-dessous...