25 avril 2007
Billet graveleux, part two
[Pour les amis du RSS ou ceux qui tout simplement ne savent pas compter, ça c'est la deuxième partie, pour la première, il faut jouer avec sa souris jusqu'au message précédent, ou cliquer ici]
15h - Je sors du vaisseau qui me sort d'immeuble. C'est comme dans Alien : des couloirs, des sas, des couloirs, des sas.
15h01 - Je marche un peu plus vite.
15h04 - En plus il fait toujours cette chaleur de dingue donc moi qui ne suis pas sortie réellement au-dehors (puisque mon médecin est dans mon vaisseau), j'ai l'impression d'être aveuglée/cuite sur place. Tout mon pipi est sûrement en train de s'évaporer.
15h05 - Je pousse la porte du laboratoire. (Oui tout est très près de chez moi). Derrière le comptoir, une jeune femme.
Chouette. C'est une fille, les problème de trilili, elle connaît ça, ça lui est arrivé, je vais pouvoir être détendue, blaguer, et tout.
15h07 - Elle classe des fiches. Dans des bacs. Ça a l'air de la faire passablement chier. On ne peut pas la blâmer, mais du coup, je suis un peu pas vraiment détendue.
15h08 - "Oui bonjour Madame ?" "Bonjour je gne je dois faire une analyse d'urine." Et là je ne sais pas pourquoi je rajoute "J'ai une ordonnance". Genre. J'ai le droit, je fais pas ça pour le plaisir. Quelle idiote. D'ailleurs elle ne répond rien.
Maintenant que je la connais, je vois le genre, c'en est une.
Une Revêche.
Elle regarde ma feuille et s'exclame "Mais votre médecin vous a dit de faire ça en urgence ???"
15h09 - Là c'est fini, je suis flippée. "Euh oui là tout de suite, il m'a dit." Elle tapote des trucs sur son ordinateur. Ne dit rien. Une vioque est arrivée à mes côtés, pour chercher ses résultats. Je la regarde et me demande si elle aussi elle a pissé dans un bocal. Que si oui ça devait pas être joli-joli. Puis Revêche m'interrompt par un bredouillement. Forcément, je n'ai pas compris. Je marmonne un "Pardon excusez-moigneuh ?" et elle articule très fort "Est-ce que cela fait un moment que vous n'avez pas uriné ? Au moins une heure ?" "Euh je ... Oui je..." "Non parce que normalement c'est avec la première urine du matin, alors bon."
15h10 - Et voilà. Elle m'a percée à jour. Elle l'a vu, tout de suite, que je n'étais pas capable, là comme ça, de lui livrer un gobelet plein de pipi. Elle n'a aucune confiance en moi, je le sais maintenant. Je suis prête à me rendre et à dire qu'elle a raison, que j'irai plus tard, quand j'aurai du vrai pipi à verser. Pas du vulgaire pipi d'après-midi.
15h11 - Mais elle continue à tapoter. Sans rien dire. Sans me chasser. Je cherche à formuler une phrase qui voudrait dire "Mais est-ce que ça va aller quand même, est-ce que vous voulez bien de mon pipi malgré tout ?" mais je ne trouve rien qui ne soit pas trop cruche. Elle me tend un truc étiqueté, un flacon et une lingette.
15h12 - "Ça c'est pour la toilette, avant". L'espace d'une mini-seconde je pense que c'est un rince-doigts parce que je vais me pisser sur les mains. Mais en fait quand on décortique sa phrase on comprend. Le poids du "avant". "A"vant, ça veut dire pas de pipi encore. Et puis "toilette". Si c'était mes mains elle aurait dit "pour vous désinfecter" ou je ne sais quoi. Non. Là, "toilette", comme l'animal qui fait sa toilette, ou la femme qui a des produits de "toilette intime". (Dans le genre y'a hygiène aussi.) Et puis elle me tend le flacon. "Voilà. Premier jet d'urine dans les toilettes, le reste dans le flacon".
15h13 - Je me dirige vers les toilettes avec mon attirail en méditant sur le sens de l'expression "premier jet". Personellement en général je fais pipi en un seul jet. Là encore je ne suis peut-être pas normale, mais le fait est. Mais surtout, est-ce que j'ai de quoi faire un premier jet et d'autres choses ensuite ?
15h14 - Je rentre dans l'endroit. Pas de poster, pas de fontaine, que dalle. Bon au moins c'est propre.
15h15 - Toilette. (Non pas de détail cette fois). Puis j'appuie sur le truc qui fait défiler du plastique propre sur la cuvette. Ça fait un bruit d'enfer. Dehors, tout le monde sait que je m'apprête à me pisser dans les mains.
15h16 - On va dire que le premier jet c'est les premières gouttes, sinon le flacon je vais lui ramener vide.
Bon. Ça se remplit vachement plus vite que prévu ces saloperies. Ça déborde là du coup. Et, puisque j'ai décidé de parler vrai, oui, j'en ai plein la main.
15h17 - Je ferme le flacon qui, disons-le, est plein à rabord. Je me lave les mains, je me remets, tout ça. Je prends le flacon. Il est chaud. Il y a une goutte de pipi dessus. C'est vraiment la dèche.
15h18 - Je prend une serviette en papier pour l'éponger. C'est vrai quoi, elle a beau être revêche, elle n'a pas mérité de toucher mon pipi.
15h19 - Zutalor, j'ai arraché un bout de l'étiquette du flacon, on ne voit plus ni mon nom ni le numéro. Que faire.
15h20 - Après avoir réfléchi à une tournure du type "Excusez-moi j'ai légèrement uriné sur l'extérieur du flacon et en voulant l'essuyer j'ai arraché le papier", je me dis que finalement, non. Je ne dirai rien.
15h21 - Revêche est au téléphone avec un vieux. Je ne le vois pas bien sûr mais je sens qu'il est vieux, à la façon dont elle l'appelle Monsieur Machin. "Non Monsieur Machin nous ne viendrons pas deux fois dans la matinée pour votre sang et vos urines." Elle semble exaspérée. Elle me lance des regards. Oui, d'un sens, je la plains. Je n'aimerais pas passer ma journée à prendre des flacons chauds de pipi.
15h22 - Finalement elle me fait un geste pour me signaler qu'elle va prendre mon flacon puisque son appel dure. Chouette. Elle ne le regarde pas et elle ne verra que l'étiquette est déchirée que lorsque je serai loin. Je sors victorieuse.
15h49 - En même temps elle a mon numéro de portable. Mais est-ce que Revêche est vilaine au point de laisser des messages pour reprocher aux gens de mal avoir fait pipi ?
Voilà. C'était vraiment très intéressant.
Mais dans ce récit ni drôle ni exceptionnel, j'ai oublié la partie : Et si je gardais l'emballage de la lingette pour la mettre sur mon blog ?
Donc voilà.
A bientôt peut-être, c'est de la folie ici maintenant.
Billet graveleux, part one
Ce billet est écrit à la demande d'un lecteur - je décline toute responsabilité. Enfin autant que possible quoi.
Je suis, comme chacun sait, représentée ici par une petite fille playmobil.
C'est en quelque sorte, moi.
Mais croyez-moi, une playmobil est en fait incapable d'avoir les problèmes que j'ai actuellement.
Ceci s'expliquant en partie par sa physionomie :
Voilà.
Là j'ai donc perdu la moitié de mon lectorat masculin qui a cliqué violemment en haut à droite (ou en haut à gauche selon leur navigateur) en se disant Pouah ça va encore parler de trucs de gonzesses ça me dégoûte j'aime pas les filles crades.
Je tiens à rassurer ceux qui sont restés : non, je ne vais pas parler de règles ni de vagin.
Oh non, car mon problème du jour ne se situe pas ici.
Mon problème du jour est un problème de trilili.
(Je décline encore une fois toute responsabilité en ce qui concerne le choix de ce mot, qui provient de ce forum bien-aimé - merci Arnotte.)
Les problèmes de trilili, j'en ai jamais eu trop, je suis pas genre une pisseuse. Bien au contraire, là où même les mâles les plus endurcis vendraient leur mère pour une pause-pipi, moi non, tout va bien, j'irai plus tard.
Et puis aujourd'hui paf. Une infection du trilili. Pas que ça ne me soit jamais arrivé, m'enfin jamais à ce point.
Du coup voilà, ce qui devait arriver arriva : je dois faire une analyse. Dans un bocal, tout ça. "Donner du pipi", comme il a dit mon médecin, il est comme ça, il aime bien parler gentiment avec des mots cons, mais mine de rien il est bouddhiste même qu'il a un super bracelet au poignet droit et il nous emmerde tous.
Et ça bon ben pisser dans un flacon ça peut paraître banal, pour tout un chacun, comme on dit.
Sauf que moi, faire des trucs dans un bocal sur commande, hm, ça va pas être facile-facile. (Heureusement que je ne suis pas un garçon et que je n'ai pas d'autres trucs susceptibles d'être analysés dans un p'tit flacon, là je pense que ce serait JUSTE PAS POSSIBLE).
Et là maintenant, par exemple, alors que je devrais aller faire cette analyse le plus vite possible, je n'ai pas envie du tout du tout. (Parce que j'ai passé ma matinée à faire des mini-trililis, aussi, faut dire).
Alors je tremble. Je me remplis d'Evian. La bouteille à la verticale, comme dans les pubs. Avec l'eau qui dégouline sur mes seins et tout. Ce qui n'arrange rien en fait puisque plus qu'autre chose, ça me fait surtout des glous-glous dans le ventre. Et puis ça colle à la peau les fringues mouillées.
Et puis aussi. J'avoue. J'appréhende. J'ai jamais fait ça moi. A mon âge, ui ui ui. Comment ça va se passer avec les gens au labo, qu'est-ce que je vais dire, "Bonjour je viens donner du pipi", ou bien "Bonjour c'est pour une analyse d'urine" ou alors "Bonjour, j'ai euh... une ordonnance", est-ce que le flacon est assez gros, est-ce que je vais arriver à plus ou moins viser quoi que ce soit, est-ce que dans les salles prévues à cet effet il y a des petites fontaines chinoises à la con qui font ploc ploc ploc ou des posters de chutes d'eau pour m'aider à me concentrer sur ma tâche ?
Vous le saurez quand je rentrerai. Parce que là tout à coup je me dandine sur ma chaise et il faudrait pas que je rate le moment.


















