20 mars 2008
Une étoile dans mes coquillettes
[Une étoile noire, même.]
A part ça, j'y suis presque arrivée, aujourd'hui. L'alignement était presque parfait, une lumière qui s'élève, les jonquilles de la terrasse qui ondulent doucement, des petites réparations de livres avec mon matériel tout neuf, et Rita qui mange des biscuits avec un petit bruit agréable, son clic de souris qui est tellement comme il faut que je vais finir par en piquer une, et derrière, le doux parfum de BigIsa, et GentilFreddy qui vient me parler doucement... Et pourtant non. Je l'ai senti affleurer, chercher le chemin de ma nuque, mais il n'est pas venu.
Tous mes collègues sont des sortes de copies de gens que j'ai connus auparavant. Mes collègues de l'Aquarium étaient, en tout cas, uniques en leur genre, ou, probablement, de futurs référents pour tous les collègues que j'aurai dans les années à venir.
Quand j'étais petite, j'étais assez frappée par les odeurs de mes amis. Quand je jouais avec quelqu'un, je sentais précisément son odeur. Et quand il m'arrivait d'aller chez lui, j'étais émerveillée de voir que sa maison sentait comme lui. Emerveillée mais un peu inquiète de cette odeur étrangère : pourquoi ça sent différent chez les autres ? Je rentrais chez moi et ça ne sentait rien. Plus tard, quand j'ai compris que cette odeur venait, en grande partie, de la lessive utilisée dans la famille, tout s'est un peu brisé. Et puis, plus tard encore, quand j'en suis venue à choisir moi-même la marque de ma lessive, j'ai essayé de faire attention à cette odeur, cette odeur que je finirais par ne plus sentir, mais qui deviendrait un petit bout de mon odeur, de ce que mes futurs amis sentiraient sur moi. J'ai rencontré des garçons, qui sentaient l'odeur de leur maman, ou de leur amie, ou les deux, et je les ai fait sentir comme moi. J'ai changé de lessive. Pour trouver le meilleur échantillonnage possible.
L'odeur du savon Dove au concombre qui propulse six mois en arrière, le souvenir de cette douche après la trentaine d'heures d'avion, la descente de l'avenue, et pouf, comme si de rien était, Tink dans son manteau blanc.
L'odeur du parfum de mon ragazzo, quelques secondes après pulvérisation. Les réveils en milieu d'après-midi, les déjeuners-goûters et sa peau sucrée, et l'attirance sans limites.
L'odeur des protège-cahiers, de la colle Cleopatra, de l'encre violette, le goût des crayons pastels que je mouillais sur ma langue. Les stylos Reynolds bleus qui bavaient.
Le goût des coquillettes.
J'ai avalé l'étoile sans faire attention...
10 mars 2006
Le Parfum
Ce matin, en me préparant pour aller en cours, le corps encore humidifié de la douche et exhalant légèrement quelques effluves du gel douche Tahiti noir (çui qu'est fait pour les hommes normalement, sauf que zut), alors que des petites fleurs et que des dieux aériens flottaient autour de moi comme autour d'une Venus de Botticelli, une odeur nauséabonde a soudainement attaqué mes narines fraîches et ouvertes comme de petits coquillages. Quelques froncements de nez (caractéristiques de ce genre de désagréments) plus tard, j'ai voulu comprendre d'où, pourquoi, comment, et je me suis mise à la recherche d'une charogne putrescente sous mon lit ou d'un excrément de dragon placé dans mes affaires par un lutin facétieux. Mais rien de tout cela. Je m'aperçois que cela ne vient pas précisément de ma chambre ; je pense tuyauterie qui refoule, comme dans la pub pour wc-net canalisation, celle où la fille se reçoit dans la gueule un gros vent vert d'odeurs vilaines et elle fait "aaaaaah". Quelques minutes plus tard, vêtue de mon manteau épaisseur triple, je sors sur le palier et là, révélation : l'odeur est encore plus forte. Comme toujours dans ces cas-là, une seule idée me traverse : Mme Vioque, juste en face, depuis combien de temps ne l'ai-je pas croisée. Je ne sais pas ce que ça sent, moi, une Mme Vioque décomposée, alors je me dis que c'est tout à fait possible. Et puis ma mémoire me sauve en me montrant un flash d'elle dans la rue, il y a au plus 2 jours. Soulagement : je n'aurai pas à appeler la police, tout ça. Arrivée dans le hall, les froncements de nez s'intensifient, bye bye charognes, excréments, cadavres, je comprends qu'il se passe des choses, des choses plus importantes, des choses qui me dépassent. J'ouvre la porte de mon immeuble et là, c'est une marée putréfiée qui fouette violemment mon odorat. J'avance et je vois un véhicule de type travaux urbains, avec des jolies barrières grises et vertes autour, et de derrière s'échappe une fumée épaisse. J'avance et je vois de grosses canalisations sorties de sous la terre, quelque peu souillées. "Ça sent le souffre, mais plus jamais la merde", dit-il, eh bien en fait si. C'était le début d'une looooooongue journée.
07 septembre 2005
Est-ce ta peau qui pue ?
Jusqu'à très récemment, je considérais que la lavande, ça puait, que ça sentait le papier toilette violet ou les petits sachets qu'on met dans les armoires de grand-mère ou encore les petits sapins pour voiture qui te font plus gerber que les odeurs d'essence ou de plastique neuf.
Et puis voilà, un savon à la lavande est entré dans ma vie, sans prévenir, comme ça, et ça a fait que, finalement, je trouve que c'est assez génial comme odeur, c'est un parfum très léger, mais qui sent bon le prop', et puis quand on part pas en vacances c'est cool parce que c'est un peu comme si on était dans le sud. Alors c'est peut-être parce que j'ai un peau spécialement sucrée qui sent naturellement bon (comme une princesse un peu) et peut-être que pour vous les gens normaux ça sentira le papier WC violet. Mais moi, convaincue je suis.
Alors c'est sûr ça me change de mes gels douches pour homme (je déteste les trucs pour fille genre vanille lourdingue, fleuri pourri ou coco beuah, je prends que les trucs bleus ou noirs qui sentent le mâle) mais au moins comme ça j'ai pas des tas de produits chimiques cancérigènes qui me pénètrent dans mes petites pores. Une pore ou un pore ? J'en sais rien.
Bref, vive le savon de marseille sans additif, ou alors avec un peu de lavande. J'ai dit !

















