Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

05 mai 2008

Elle & lui

shehim

Je pourrais dire plein de choses si je savais comment.
- parler de ma jolie robe et raconter comment j'ai réussi à avoir ma robe idéale alors que j'allais renoncer.
- parler du temps joli, du soleil. C'est le temps des coccinelles.
- raconter tout ce que je n'ai pas pu raconter à l'époque, sur moi, sur lui.
- vous montrer un morceau du peut-être prochain nid de coxetclem.

Et puis en fait ces notes et ces couleurs résument assez bien l'ensemble.

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04 avril 2008

Notes

 

Il y a les notes de mon père, graves, mélancoliques, du Schubert presque toujours ; il noie ses erreurs dans des pédales que je trouve peu élégantes, il chante parfois les noms des notes par-dessus. Je suis petite, je suis toute petite et j'habite sous le piano à queue, sur le tapis gris, le bois et les cordes, libérées des étouffoirs, résonnent tout entiers autour de moi, je me laisse entourer et envahir par ces sons puissants. Et parfois une phrase s'emporte, parfois je sens toute la profondeur d'une mélodie, qui m'emmène loin à l'intérieur de moi ; je sens un peu de la mélancolie vaguement morbide de mon père, et cette sensation amère et pinçante qu'il préférerait être loin, ou ailleurs, et qu'il l'est, d'ailleurs.
J'en viendrai à redouter ces moments. Je ne tiens plus sous le piano à queue, sur le tapis gris. Mon père fait des fautes. Il chante (faux) les noms des notes par-dessus. Il choisit des morceaux graves, mélancoliques, du Schubert presque toujours. Ses pédales manquent d'élégance et ne sont là que pour masquer ses manques à lui. Je sais qu'il est loin, et ailleurs.

 

Il y a les notes de ma sœur, joyeuses, tumultueuses, virevoltantes, virtuoses, je suis petite et je tiens à côté d'elle sur le tabouret, je regarde ses mains s'agiter et ses doigts jouer avec une habileté qu'elle ne tient pas de son père, manifestement, je suis les notes sur la partition, je lui tourne les pages. Jamais elle n'approfondit un morceau, elle les enchaîne les uns après les autres, tout, n'importe quoi, Bach, Beethoven, Schubert, Debussy, jamais elle ne cherche la sensibilité, elle a ce don incroyable de tout déchiffrer en lisant au fur et à mesure, et des centaines de partitions entassées, elle peut quasiment tout jouer. J'aimerais être comme elle.
J'en viendrai à redouter ces moments. Je ne tiens plus à côté d'elle sur le tabouret et ma place est à côté. Je lui tourne les pages et je vois ses mains qui s'agitent et qui virevoltent, avec un talent que je n'ai pas. Elle peut tout jouer, Bach, Beethoven, Schubert, Debussy. Ses morceaux tumultueux sont bruyants et j'aimerais parfois qu'elle ajoute, çà et là, une respiration, une nuance, sa virtuosité est vertigineuse et je ne m'y retrouve pas. Je ne serai jamais comme elle.

Il y a les notes du bourreau. Ces heures, une fois par semaine, alors que sur Antenne 2 passe Clémentine, et que le magnétoscope tourne. Je suis petite, je dois me lever pour lui laisser descendre et éloigner le tabouret. Il joue alors des morceaux parmi lesquels je dois choisir celui que je vais travailler les semaines suivantes. En général, je le laisse jouer autant que possible, ne manifestant jamais ma préférence, parce que pendant ce temps-là je ne joue pas, je ne suis pas torturée, je ne pleure pas, je n'emmagasine pas tout ce mal. Pendant ce temps-là il ne me touche pas. Ses morceaux sont graves et bruyants, ses mains virtuoses s'agitent, mais jamais avec légèreté, il choisit du Beethoven toujours, mais je ne veux pas, il chante (faux) par-dessus ses notes en balançant son tronc au rythme de sa musique martelée. Je le déteste.
J'en viendrai à redouter ces moments. Ces moments qui ne sont plus la paix recherchée. Il sait ce que je fais en le laissant jouer tous ces morceaux, il ne se fait plus prendre, il n'en choisit que deux ou trois, du Beethoven toujours, mais je ne veux pas. Pendant ce temps-là ma haine se nourrit au rythme de ses notes lourdes et martelées, de ces notes fausses marmonnées, de son tronc qui se balance. J'aimerais lui faire du mal, lui dire toute la douleur qui m'a martelée et me martèlera longtemps.

 

Il y a mes notes à moi. Je suis petite, mes pieds ne touchent pas les pédales. Je découvre les harmonies, les mélodies qui se suivent et se mélangent, je découvre comment certaines notes ouvrent des portes à l'intérieur de moi, comment je peux y entrer et m'en servir pour apporter des couleurs à ce que je joue. Je joue toujours doucement, trop doucement. Je ne joue jamais mieux que quand je suis seule à la maison. Quand mon père n'est pas là pour souligner mes fautes, que ma mère n'est pas là pour m'ignorer, que ma sœur n'est pas là pour prendre la place et jouer tout mieux que moi.
J'en viendrai à redouter ces moments. Je ne joue plus que quand je suis seule à la maison. Je ne travaille plus. Mes pieds touchent tellement les pédales que mon pied droit enfonce de toutes ses forces la pédale douce. Je joue trop doucement mais je veux jouer encore plus doucement. Devenir inaudible. Tout ce que j'exprime ne dépasse plus le cercle de mon être. Je ne joue plus que pour moi, et je joue mal. Et pourtant parfois, du Debussy toujours, certaines notes ouvrent des portes à l'intérieur de moi, et là rien n'a bougé, au contraire, tout a fleuri, tout s'est accentué, une sensibilité qui étouffe à l'intérieur, mais je joue doucement, trop doucement.

Je n'ai pas de Beethoven pour illustrer mon 3ème paragraphe

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17 octobre 2007

Dorothée, origine d'une dépression infantile, épisode #1 : J'suis pas comme les autres

dorothee

Introduction générale à cette nouvelle saga

Cela fait maintenant un moment que j'ai découvert que Dorothée, et ses chansons, étaient probablement à l'origine d'un certain nombre de mes troubles mentaux.

Oh, bien sûr, je vous voir rire, vous pour qui Dorothée est l'animatrice has-been du club éponyme, avec Jacky et les cons qui font du bordel autour, et des séries japonaises trop cools, vous pour qui c'est la copine d'Hélène, qui chantait des conneries légères à base de valises et de chaussettes moches, et qui a chanté une seule chanson triste, qui parlait de Marjolaine et Nicolas.

Moi, de Dorothée, je n'ai jamais regardé le Club, parce que c'était TF1 et l'infâmie capitaliste, c'était le monde qui s'écroulait, c'était la fin de la civilisation telle qu'on la connaissait ; en bref, j'ai arrêté Dorothée là où la majorité a commencé.

Avant, Dorothée, ce n'était pas ça ; c'était Récré A2 avec Marie Dauphin et Clémentine, et Corbier bien sûr, et toutes sortes de choses douces.

Et surtout, Dorothée, c'était quelques albums, un que j'avais sur cassette audio, deux autres sur vinyles. Plus un autre de sa période ultérieure que je n'ai dû écouter qu'une fois, tellement c'était pourri.

Et puisque c'est mon blog, j'ai décidé de vous faire part de mon calvaire, et de vous expliquer en quoi le fait d'avoir écouté certaines de ces chansons en boucle à un bien jeune âge a FORCEMENT eu une influence sur mon équilibre émotionnel à venir.

Episode 1 : J'suis pas comme les autres

Voici donc une première chanson, ah ça oui, l'album commençait par Allô allô Mr l'ordinateur, mais croyez-moi, il n'y avait pas que ça.

Je vous insère ici le player NECESSAIRE pour obtenir l'entourage musical correspondant, même si les paroles pouvaient se suffire à elles-mêmes.

Paroles :

Quand j'étais une petite fille, je m'inventais des histoires.
J'm'imaginais reine d'un grand pays, vivant au fond d'un vieux manoir.
C'était le pays du bonheur, le royaume de l'amitié.
On y vivait dans la douceur d'un éternel soleil d'été.

J'suis pas comme les autres, j'suis pas comme les autres ;
j'ai mon coeur qui s'fait tout petit, tout petit.
J'suis pas comme les autres, ce n'est pas ma faute
si j'ai trop rêvé à ce pays.
J'l'ai beaucoup cherché et j'l'ai jamais trouvé.
C'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui
j'suis pas comme les autres, j'suis pas comme les autres ;
j'ai mon coeur qui s'fait tout petit, tout petit.

Dans mon pays, il n'y avait pas de méchants, pas d'ennemis,
Tout le monde vivait en paix, la guerre était un mot banni.
C'était le pays du bonheur, le royaume des gens heureux.
On connaissait pas le mot peur et le ciel était toujours bleu.

J'l'ai beaucoup cherché et j'l'ai jamais trouvé,
c'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui
j'suis pas comme les autres, j'suis pas comme les autres ;
j'ai mon coeur qui s'fait tout petit, tout petit.


Aujourd'hui quand j'entends ces mots, qui ont parfois la simplicité de la pureté, et parfois celle de la connerie, je ne peux jamais m'empêcher de me dire que ben oui, j'ai trop rêvé à ce pays, et que c'est peut-être pour ça j'suis pas comme les autres, et que mon coeur se fait tout p'tit parfois.

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10 juillet 2007

Quelques instants musicaux magiques

19 mars : tous les regards sont tournés vers la scène, mais c'est par la foule qu'arrivent Arcade Fire en entamant un Wake Up quasiment a capella. Frisson immédiat.
Une heure et demie après, concassée, transpirante mais heureuse, les lumières de l'Olympia se sont rallumées malgré des appaudissements insistants après le rappel, les gens s'éloignent, la sono de la salle est remise en marche, mais ils reviennent finalement, In The Backseat, un début magique et une fin magique, des larmes pures, on n'est pas loin du concert parfait.

3 mai : les Pipettes sortent de scène après y être entrées 3 minutes auparavant. Or so it seems. Euphorisant instantané.

11 juin : Meg White s'avance alors que Jack se met doucement en retrait, elle se positionne en avant-centre de la scène, menue, petite, immense, tenant la salle entière par sa voix presque posée.

16 juin : une bouche géante surgit derrière la scène géante du géant Stade de France . L'unique seconde réellement démesurée d'un concert propret des géants Rolling Stones.

23 juin : la salle du Palais des Congrès, jusqu'alors immobile et religieusement sage pour écouter Berlin, se lève, descend les gradins et s'amasse devant pour vivre le rappel incroyable qui va avoir lieu : Sweet Jane, Satellite Of Love et Walk On The Wild Side. 20 minutes d'une pureté absolue...

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26 juin 2007

Madeleine musicale

01

Aimee Mann, elle a ça de fantastique, d'unique et de merveilleux : tu peux l'écouter tout le temps. Tout le temps, elle sera le mot juste. La mélodie qu'il faut.
Si tu es un peu bluesy, elle va t'apaiser sans te violenter, t'éclairer d'une lumière toute douce et te faire remonter tout en préservant la sensibilité à fleur de peau si précieuse de ces moments-là.
Si tu es tristoune, elle va faire couler quelques larmes, et tu t'en sortiras purifié, comme lavé, comme nettoyé. Mais pas artificiellement regonflé.
Si tu es happy de la vie, elle te soutiens avec sa guitare et elle fait sa reine du rock et tu la suis n'importe où et la vie est belle et sunshine.
Si tu ressens quelque chose sans trop savoir quoi, elle te le fera comprendre, she knows there's a word for this.

Aimee Mann, je l'ai écoutée si souvent qu'elle fait partie de mes meubles, de mes veines, des petites bulles d'oxygène que mes globules rouges portent dans leur dos.

Et pourtant...

Il y a ces chansons-là, qui aujourd'hui quand je les entends, résonnent particulièrement. Certaines plus que d'autres. L'album I'm With Stupid tout spécialement.

Parce que le matin quand je prenais le RER pour aller à Worldsasshole pour y suivre ma formation IUFM, après m'être levée tôt et avoir marché dans le froid, je n'avais pas mal au ventre parce que ça c'était réservé aux jours où j'allais au lycée, mais j'avais mal à la tête, ce mal qui commençait à empirer et qui allait devenir mon champion de l'année 2007. Et alors je ne pouvais pas supporter d'écouter quoi que ce soit dans mon balladeur, mais je ne pouvais pas supporter non plus d'écouter la réalité. Les bruits des gens qui mâchouillent. Les voix. Le son grésillant de la musique de merde qu'ils écoutent dans leur balladeur à eux. L'éventualité de croiser une camarade de formation à qui je n'avais pas envie de parler "boulot".

Aimee Mann dans ces moments-là a été mon cocon, mon coton, mon coquillage si profond que je pouvais m'y plonger et me sentir à l'abri. Je pouvais laisser tomber ma tête contre la fenêtre, et pleurer, et me demander Mon Dieu comment vais-je survivre à ça, puis Mon Dieu comment vais-je me sortir de tout ça, puis Est-ce que je ne suis pas un peu lâche de tout vouloir quitter comme ça ? Peu à peu, sans violence, elle m'a aidée à trouver les réponses.

Ecouter ça aujourd'hui me rappelle ces matinées grises, pleines de brouillard et de rosée, sur les bords de la nationale que je devais longer pour aller en cours. Ces matinées que je détestais, mais que je détestais moins que d'aller faire cours, et qui étaient presque ma pause de la semaine. C'était loin et c'était chiant, mais j'y respirais. Quand j'arrivais au bout de mon périple, il y avait Aimee dans mes oreilles, il y avait Laetitia et son khol noir, et il y avait ce petit pont, au-dessus de ce ruisseau. Le ruisseau, si vous me connaissez, vous savez que c'est en quelque sorte ma métaphore à moi du bonheur idéal. Quand j'ai vu ce ruisseau là-bas, je me suis dit que peut-être. Peut-être ce serait bien.
Ce ruisseau et Laetitia sont les deux bonnes choses qui font que je ne regrette rien, et qui sont cachées pour longtemps tout au fond de "You're With Stupid Now".

En cette occasion si vous voulez écouter ce dernier titre, j'ai fait un nouvel album photo, en musique cette fois, il n'intéresse au fond que moi, mais ici, c'est aussi à ça que ça sert.
Si vous êtes intéressés ou si vous êtes moi dans quelques années, il faut cliquer là
Good Bye Over There
et ensuite cliquer sur "Diaporama", juste au-dessus des thumbnails.
Le nombre de photos ne correspond pas à la durée de la chanson mais bon, peu importe.

Whatever.

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13 juin 2007

Pourquoi j'aime les Pipettes

pipettestoronto

Aimer les Pipettes, c'est comme être heureux plus d'une heure, ça a, de nos jours, quelque chose de sale, de dégradant.
Qui plus est, avec les troupeaux de pouffiasses à pois qui se baladent dans les rues de la capitale (et sûrement ailleurs), on a un peu des envies de meurtre contre tout ce qui pourrait y ressembler, des ballerines débiles au serre-tête Monop'. "Elle est pas belle la vie", "c'est trop d'bonheur", and so on, and so on.

Et pourtant non. J'aurais pu m'en lasser mais non. J'aime les Pipettes. Toujours, depuis plus d'un an.

1 - Parce que je les ai découvertes "toute seule".
En général, vu que je ne me tiens pas trop au courant des choses de la vie et de l'actualité, je découvre les artistes que j'aime par le biais de conseils, d'amis, de sites, de magazines, de vagues rumeurs urbaines, enfin par des intermédiaires.
Là non.
Le choc fut frontal, en mai 2006, première partie de The Go! Team au Trabendo, trois filles chantent des trucs avec des chorés de bras marrantes. Le son est pourri mais je décèle au fond un truc qui me plaît. Je capte des lyrics au passage, 'your kisses are wasted on me', 'leave me alone, you're just a one night stand'...
Après le concert elles passeront toutes trois à quelques centimètres de moi alors que j'allais récupérer mon sac au vestiaire : elles sont belles et pimpantes, j'ai envie de leur dire un truc mais finalement non.
Quelques téléchargements plus tard (suivis de l'achat de l'album et du LP dès sa sortie hein !) et elles devenaient mes meilleurs copines pour l'été.

2 - Parce qu'elles sont hors du temps.
Comme dirait Julia, l'ex-Pipette moche à voix de canard, dans son nouveau groupe The Indelicates : "We don't live in the 60s".
Et je sais, aussi, aimer les 60s c'est sale. Pouah, droits de la femme inexistants, musique niaise, bref.
Pourtant je n'y peux rien, les ambiances à la American Graffiti, les drive-in, les serveuses en rollers, les jupes qui arrivent au genou et les décolletés pigeonnants, j'aurais bien aimé y faire un tour.
Alors forcément, trois filles en robes à pois sur des rythmiques et des mélodies de ce temps-là, ça me plaît. Surtout quand les paroles sont en léger décalage.

3 - Parce qu'un groupe qui a écrit une chanson intitulée "Tie Me To The Kitchen Sink" ne peut pas être mauvais.

On doit probablement cette chanson à la fameuse Julia, d'ailleurs que serait le morceau sans ses éclats de voix disgracieux ? Pas grand-chose. Et pourtant.

4 - Parce que je suis amoureuse de Gwenno.
J'ai eu deux fois des bisous de Gwenno, j'ai eu ce moment où Gwenno sort de La Cigale, me voit et dit mon prénom, j'ai eu surtout ce choc la dernière fois que je l'ai revue : Gwenno est la femme parfaite. Enfin pour moi s'entend.
Pour la peine vous avez un nouvel album photo là-bas en bas dans la colonne de gauche.

5 - Parce qu'il en va des Pipettes comme d'une bouteille d'alcool de pêche.
C'est sucré, ça enivre un tout petit peu, ça le goût d'un bal de promo et de baisers volés sous une estrade drapée, on pourrait croire que c'est écoeurant mais en fait, un soir d'été, quelques gorgées, quelques gorgées, et à la fin de la bouteille on peut en prendre une autre et enchaîner, et devenir doucement ivre, et se rappeler, si on est un garçon, que "the girls [are] really women in disguise, that they [understand] love, and even death, and that our job [is] merely to create the noise that [seems] to fascinate them."

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05 juin 2007

Laisse aboyer les chiens

tu connaissais pas la consigne, mon ange
tu m'as coupé par la racine, mon ange
blanc comme un sachet d'héroïne, mon ange

tu connaissais pas les remords, ma belle
ni ce que ça fait d'être mort au ciel
la lune est bleue comme un passeur fidèle

tu connaissais pas les ravines, mon ange
ni les sanglots que je réprime, mon ange
tu joues avec la carabine, mon ange

tu connaissais pas la consigne, ma belle
fallait-il que tu la devines, ma belle
pour que l'amour enfin soit éternel

prends-moi la vie comme on veut
on priera le ciel sinon en mieux
on s'en mettra plein la panse

on prendra la vie comme elle vient
on ira au ciel si on veut bien
on ne mange plus, on avance

laisse aboyer les chiens

tu connaissais pas la consigne, mon ange
ma peau maculée d'éosine, mon ange
vois-tu les cheminées d'usine, mon ange

tu connaissais pas le silence, mon coeur
le siège arrière d'une ambulance, mon coeur
c'est trop tard une fois qu'on s'élance en choeur

comme un ange qui passe
comme une fissure dans la glace
comme ta première passe
comme des pauvres en première classe

ça peut te sembler,
ça peut te sembler long

comme un ange qui passe
un inconnu dans la glace
qui laisse une trace

ça peut te sembler dégueulasse
ça peut te sembler,
ça peut te sembler bon

on prendra la vie comme on veut
on priera le ciel sinon en mieux
on s'en mettra plein la panse

on prendra la vie comme elle vient
on ira au ciel si on le veut bien
on ne marche plus, on avance

on prendra la vie comme elle vient
on ne sera plus jamais en chien
on aura des récompenses

on prendra la vie comme on veut
on priera le ciel un jour sur deux
on s'approche plus, on s'avance

laisse aboyer les chiens
la caravane est loin
laisse aboyer les chiens
la caravane est loin

tu n'as pas suivi la consigne, mon ange
tu gis sans vie dans la cuisine orange
vêtue d'un t-shirt et d'un jean à franges

Extrait du prochain album de Benjamin Biolay, Trash Yéyé
(ouais allez-y débat sur BB dans les koms : alors Benji, faux artiste, vrais cheveux gras ?)

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31 mai 2007

Le piano électrique

clavier

Le piano électrique n'est pas un synthétiseur. Il a un vrai clavier, un vrai toucher, un vrai son de piano.
Le piano électrique, s'il est éteint, ne produit aucun son si l'on appuie sur ses touches.
Le piano électrique peut jouer la mélodie de la main gauche pendant que tu joues celles de la main droite.
Le piano électrique, avec ses instruments marrants en option, permet de décompresser un peu, quand tu as fait 10 ans de piano dans ta jeunesse et que tu n'en as quasiment pas retouché un depuis 10 (autres) ans.
Le piano électrique est plus petit et moins impressionnant que le piano à queue noir de ton papa.
Le piano électrique pourrait presque ressembler à un jouet, mais c'est un instrument de luxe.
Le piano électrique coûte cher, donc c'est un vrai piano quand même.

Le piano électrique cache surtout, sous le clavier, une prise jack.
Une grosse prise jack. Tu peux brancher un casque dessus.
Du coup, le piano électrique, quand tu joues dessus, tu es la seule à t'entendre.
Tu peux jouer n'importe quoi sur le piano électrique. N'importe comment.
Tu peux jouer sans gêner tes voisins.
Tu peux faire des fautes.
Tu peux surtout faire des fautes sans que ton père, à quelques mètres, les entende.
Tu peux faire des fautes sans te dire que ton père, à quelques mètres, les entend, et qu'il est déçu.
Tu peux faire des fautes sans te dire que ton père, à quelques mètres, est déçu parce que là éclate, en plein jour, une vérité atroce : non, tu n'excelles pas dans tous les domaines.
Tu peux faire des fautes sans avoir peur de révéler à ton père, à quelques mètres, que tu n'es qu'une impostrice, que tu n'es pas celle qu'on croit, celle que tout le monde croit : la fille qui réussit tout.
Tu peux faire des fautes et faire semblant de jouer bien, de jouer comme la bonne élève que tu es, partout.
Tu peux accrocher des notes et ne pas entendre ton père, à quelques mètres, qui déplore ce que tu fais à chaque seconde.
Tu peux faire des fautes sans te sentir habitée d'une tension infinie qui se transforme en haine.
Tu peux jouer à nouveau pour le plaisir, ce que tu avais complètement oublié pendant ces vingts années, de la musique pour toi et pour toi seule, tu peux enfin lâcher quelques instants ce jugement dernier qui te pèse, et pas seulement quand il est à quelques mètres.

Mais le piano électrique ne t'appartient pas.
Le piano électrique est à ta soeur.

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27 septembre 2006

Edgar

lupinIII

Un bruit au fond de la nuit
Une ombre sur le tapis
Une clef tourne sans bruit
Un coffre s'ouvre en silence

Une main gantée de noir
Prend des paquets de dollars
Et les bijoux, les Renoir
Disent "Au Revoir"

Refrain :
Edgar Edgar
Prince de la cambriole
Edgar Edgar
Un gentleman, un Milord
Est reparti dans l'ombre
A l'autre bout du monde
Transpercer des coeurs et des coffre-forts

Edgar Edgar
Pourtant n'a qu'une parole
Edgar Edgar
Sait bien que le seul trésor
Est dans le coeur des belles
Leurs yeux et leurs dentelles
Valent bien plus qu'une montagne d'or

Blottie au fond de mon lit
Je rêve de revoir celui
Qui sur mon manteau blanc
Epingla une rose

Mais lui est déjà parti
Très loin vers d'autres pays
Chercher l'or et l'amour, son paradis

Refrain

Est dans le coeur des belles
Leurs yeux et leurs dentelles
Valent bien plus qu'une montagne d'or

Raaaah j'en ferais bien un film. J'ai même une bonne idée de casting.

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04 août 2006

I Like A Boy In Uniform (School Uniform)

pipettes

I like a boy in uniform (school uniform)
I like a boy in uniform (school uniform)
I like a boy in uniform (school uniform)
I like a boy in ... (school uniform)

I walked past him and I gave him a wink
he must think I am sexually impertinent
and when I'd go lightly, I'd feel like a mint
but does he really know me?
do I really know him?

I should have noticed it before
he was a little too controlled
my girlfriends said they saw the boy
looking at the boys
looking at the boys

he likes a boy in uniform (school uniform)
he likes a boy in uniform (school uniform)
he likes a boy in uniform (school uniform)
he likes a boy in ... (school uniform)

now I'm so sad, 'cause I loved him so
but I think it's better to go with the flow
and now I found my outlook isn't so narrow
in lessons, I am dreaming of the girls that I know!

I like a girl in uniform (school uniform)
I like a girl in uniform (school uniform)
I like a girl in uniform (school uniform)
I like a girl in ... (school uniform)

but now I know that all it is
is plenty more than hug and kiss
and when I think of married bliss
I'm looking at the girls
looking at the girls
looking at the girls!

I like a girl in uniform (school uniform)
I like a boy in uniform (school uniform)
I guess not everything is uniform
I wanna kiss everyone in uniform!

I like a girl in uniform (school uniform)
I like a boy in uniform (school uniform)
I guess not everything is uniform
I wanna kiss everyone in uniform!

The Pipettes [piste 5 dans la radio de la colonne de gauche]

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