Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

18 juillet 2008

Better days

Malgré l'ennui, malgré le désoeuvrement, malgré l'envie d'être ailleurs souvent, je me rappellerai ces jours-là, plus tard : ce seront les jours où l'avenir aura cessé d'être cette ombre vaguement menaçante, incertaine et angoissante. Ce seront les jours où tout à coup, mon chemin, mes virages et mes choix auront fini par former ce dessin, ce début de dessin, avec son sens et sa couleur. Où les sorties de travail seront devenues synonymes de crêpes et de glaces en fleur. Je sais que je repenserai à ces jours avec une tendresse particulière : mon dernier boulot de petite fille.

Aujourd'hui c'est comme si le jour ne s'était pas levé et je flotte, les yeux écarquillés, entre les chiens et les loups. J'observe mon entourage, mes collègues à leur poste, avec calme et bienveillance. Je vais partir bientôt, pour des horizons meilleurs. Cette fois, il ne s'agit plus de cet espoir auquel je n'osais pas même penser, de peur de m'attirer le mauvais oeil. Il ne s'agit plus d'hypothèses, de conjectures, de souhaits, de rêves au conditionnel. A quelques semaines d'ici, une nouvelle vie m'attend. Je l'ai voulue et je me la suis créée.
Et pourtant, tout en cette nouvelle vie signifie le passage à l'âge adulte, celui que j'ai voulu repousser si longtemps, et qui finalement arrive, aussi sûrement que le crépuscule.
On me félicite, on souligne ma brillante réussite, puisqu'après avoir eu un concours, démissionné, eu un autre concours du premier coup, passé des entretiens, je vais finalement être exactement là où je rêvais d'être, que demander de plus ? Mes parents sont rassurés, mon avenir assuré, ma vie privée aussi, tout est sûr et pavé d'étoiles.

Que puis-je dire ?
Combien de fois ai-je entendu "Tout ce que tu entreprends, tu le réussis" ? sans jamais parvenir à le croire, puisque j'avais l'impression de rater, un détail, un secret.

J'aurai beau épouser l'homme de mes rêves et décrocher un boulot dans l'endroit de mes rêves, je serai pour quelque temps encore cette petite fille pétrie d'angoisses et d'incertitudes, de doutes et de solitude, j'aurai encore ces moments de détresse infinie dans lesquels je rentre aussi vite que j'en sors, et j'aurai encore, vissée au ventre, la peur d'être abandonnée, la peur de n'être plus aimée, la peur de ne pas pouvoir/vouloir être aidée. The ranks of the freaks who suspect... etc.

Peut-être que c'est ça qui m'effraie le plus.
Avec ce bonheur et cette réussite parfaits, j'ai peur que tout le monde pense que je suis sortie d'affaire, et j'ai peur de me trouver cette fois dans l'impossibilité de les contredire, et dans l'illégitimité de demander à ce qu'on se préoccupe de moi.

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 20:46 - 4 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tag(s) vaguement en rapport : , ,


29 décembre 2007

L'heure du bilan

chat_aquarium

Bientôt un an à l'Aquarium.
Loin de fêter ça, je me morfonds.
J'ai signé pour six mois de plus, avec un certain soulagement matériel, mais en sentant la menace d'une ombre noire avançant sur Dexter : l'Ennui.
Dexter fermant moins sa gueule ces derniers temps, les levers sont difficiles. Ce 29 décembre en étant l'apothéose : ce ciel de plomb, ces trottoirs humides, ces lecteurs égarés, ces tensions permanentes dans l'équipe. Je ne peux plus les supporter.
J'aurai mis un an à me lasser de ce boulot sous-payé pour lequel je suis sur-diplômée. Après tout, ça aurait pu être pire. J'ai essayé de multiplier les activités, tant que j'ai pu, mais c'est vrai que tant d'efforts pour pas grand-chose, ça finit par décourager.

Je profite des petites choses qui restent : quelques lecteurs et trices, quelques livres, quelques contacts avec les documents, quelques initiatives réussies et menées à bien, quelques remerciements, quelques compliments...
Et surtout, je profite de la chance incroyable (pour une Parisienne) d'être si près de son boulot. Je rentre à pied, et à pied Dexter se sent bien mieux. Imaginez, dans le métro, dans un espace si confiné, tant d'espèces animales différentes ? Dexter est obligé de cotoyer, sans pouvoir échapper à leur présence, des alligators maléfiques, des canaris agaçants, des caniches cons, des serpents, des mouches, et que sais-je encore. Je ne me rendais pas compte. Je ne savais pas d'où venait tout ce stress des transports en commun. A l'air libre, on peut prendre un peu ses distances, les laisser respirer, tous.

Je profite d'être à Paris. Je profite d'avoir un boulot sans responsabilités. J'en profite pendant que ça dure... puisqu'il s'avère que ce concours raté n'était pas vraiment raté, finalement, et que la liste complémentaire n'est pas qu'une liste de noms inutile. J'ai du mal à croire à ma chance, décrocher ça du premier coup, comme ça, quasiment d'un claquement de doigts, et pouvoir accéder à cette formation, à un poste, qui, selon toutes probabilités, me plaira et sera davantage à mon niveau, et m'évitera, je l'espère, à avoir affaire à la vilaine ombre noire menaçante.
Mais j'écoute Dexter aussi. Déjà, Dexter attend le papier officiel avant de se réjouir. Et puis Dexter n'a pas envie de partir à Lyon, pas même pour quelques mois. Dexter s'est habitué à vivre avec quelqu'un d'autre que moi, et maintenant Dexter a besoin d'un chat en peluche, même pelé, quand je dors seule. Dexter a peur du pire. Peur du poste éloigné. Peur des changements, de l'année d'instabilité qui semblerait s'annoncer pour fin 2008. Peur du poste où il faudra être une adulte. J'essaie de le caresser, de lustrer ses poils, de lui dire qu'il est le plus fort, et que Paris a bien assez de bras pour nous. Je croise mes doigts sur ses pattes.

En tout cas, je n'ai aucun sens des dates cette année. Chaque jour est un jour et je n'arrive pas à y mettre plus de valeur que ça. Et je suis trop fatiguée pour avoir envie de fêter quoi que ce soit. Heureusement que quelques bonnes heures de sommeil vont venir remettre tout ça d'aplomb.

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 20:36 - 2 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tag(s) vaguement en rapport :

05 septembre 2006

5:54

Rome_985

Et ma mère me dit que je suis dépressive et que je devrais voir un médecin et prendre des trucs, et mon père qui m'appelle hier ce qui disons-le bien arrive une fois par an et il me demande pourquoi je parle du nez et je sens l'eau sur mes joues qui n'arrête pas de couler et je craque, avec mon père au bout du fil, et d'un côté ça me soulage parce que ça ne m'arrive jamais et de l'autre ça me rend triste parce que je suis faible et de l'autre encore ça me frustre parce que ça n'est "qu' " au téléphone.

Et ces gamins ils sont mignons, et après avoir passé la fin du mois de juillet à pleurer parce que je serais en poste dans le fin fond de la région parisienne, et après avoir finalement appris que non, j'allais enseigner dans la banlieue la plus chic dans un établissement d'élite, j'ai été rassurée une semaine, et aujourd'hui après les avoir vus tous proprets tous petits à m'attendre devant la salle, je me suis dit "ils sont mignons" et j'ai été rassurée 5 minutes, et puis le reste a pris le dessus, tout ça m'ennuie, me fatigue, et Laura qui m'appelle "maman" par erreur ça me fait un petit quelque chose, qui ne dure qu'une demi-heure mais pas plus, et qui ne contre-balance rien du tout.

Et le réveil ce matin je ne l'ai pas mis à 5:54 comme j'aurais dû, j'ai mis 6h15 et après une nuit horrible j'ai connu un des pires réveils de ma vie, la dernière fois c'était en prépa.
Et je passe tous mes trajets de métro et de bus et de RER à essayer de voir ce que je peux faire d'autre, tout en sachant que ce sont les premiers jours et que bordel, enfant gâtée, force-toi un peu et arrête tes enfantillages. Et de l'eau dans mes yeux, toujours au moins une fois par trajet, et parfois sur les joues aussi, mais de toutes façons personne autour ne voit rien.

Et j'essaie de me rappeler du moment précis où j'ai décidé de passer ce concours, et ma vie n'était pas celle-là alors, et je voudrais tant revenir en arrière. Et je ne suis pas du genre à m'autoriser des regrets alors voilà.

Et tout est si confus dans ma tête et je revois Docteur Dame jeudi mais quarante minutes ça ne sera pas assez, je me dis aussi parfois que sans elle, je ne l'aurais peut-être pas passé non plus, ce concours. Et je ne veux pas de travail à la maison parce que je veux profiter de la vie personnelle que, cette fois, réellement et avec toute la clairvoyance du monde, je me suis choisie.

Et je voudrais retravailler dans ma bibliothèque de l'an dernier, mais ça ce n'est pas nouveau.

Et Charlotte me murmure "I wish you all a very happy pleasant flight", et j'ai juste envie de dormir, dormir jusqu'à ce que l'année soit finie et que je puisse partir de là sans trop baisser la tête.

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 19:20 - 4 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tag(s) vaguement en rapport : ,

08 janvier 2006

Et puis aussi

L'avantage d'avoir un boulot en parallèle à ses études, c'est qu'on n'a pas le temps de faire (trop) de conneries. Pas le temps de tergiverser des heures avant de bosser un devoir à rendre, pas le temps de penser à autre chose, pas le temps de réfléchir à la vie et à ce qu'on voudrait y changer, pas le temps de se dire que quand même glander y'a que ça de vrai. Il faut juste avancer, et suuuurtout ne pas se poser de questions.

C'est pour ça que je sens que là ça va être dur, très dur.
La façade contruite pendant le premier trimestre est en train de s'effriter doucement.

Non, je n'aime pas ce que je fais. Non, au fond je ne veux pas de ce concours. Non, je ne veux pas du poste auquel il aboutit. Non, ça ne m'est pas si facile de tenir plus d'un an sans théâtre, sans pièce à bosser, sans personnage pour mettre dedans tout ce qui m'encombre, pour faire sortir tout le poison de mes veines.

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 15:22 - Brouillons ressuscités - 0 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tag(s) vaguement en rapport :

01 janvier 2006

Marrons glacés

- prendre un train très tôt, dormir, entendre des mots gentils, en dire aussi, apercevoir les collines de chez moi, les courbes, les paysages beaux comme mes plus beaux souvenirs, arriver sur le quai et respirer le froid
- retrouver une petite famille avec toujours ses choses qui agacent, ses prises de tête inutiles, ses avis contradictoires, et puis quand même au fond surtout de bons moments, l'impression que cela pourrait très bien être les derniers, penser à ceux qui sont partis
- regarder les trois Sissi, comme d'habitude, et rire, et connaître tous les dialogues par coeur, et se dire mon dieu qu'elle était belle
- être blonde, un peu plus
- avoir peur pour l'avenir
- prendre un train dans la neige, regarder les paysages glacés et beaux à en pleurer, être bloquée, ne pas savoir quand le train arrivera
- retrouver le métro avec ses odeurs et essayer de ne pas y penser
- trouver les rues sales et salées
- mal dormir et faire de mauvais rêves
- se réveiller bien trop tard pour quelqu'un qui organise un réveillon chez soi
- ne pas trouver de belle robe blanche pour se costumer en Ann Darrow, aller dans des endroits comme Pimkie ou Jennyfer pour se rabattre sur Regina George, et en sourire
- ne pas se dire, pour une fois, que tout sera raté et que rien ne sera bon, faire confiance, se détendre, et passer probablement un des plus chouettes réveillons, parler avec des gens beaux et intelligents, danser comme une cruche sans en avoir (trop) honte
- se réveiller à 11 heures après 4 heures de sommeil et ne plus réussir à s'endormir
- écouter ces putains de chansons de Dorothée et se dire qu'à 7 ans j'étais probablement déjà dépressive à force d'écouter ces conneries
- ne plus avoir envie d'écrire ici, plus rien du tout
- s'empêcher de penser aux mois qui vont suivre, à leur tonne de boulot, aux concours, et réfréner cette envie qui grandit, qui me ronge, et qui va finir par me bouffer. Se dire que la seule résolution qu'on a envie de prendre - remonter sur une scène dans l'année - est impossible à tenir et, du coup, n'en prendre aucune.

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 19:23 - 0 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tag(s) vaguement en rapport : ,

04 septembre 2005

J'écris ton nom

La liberté en fait, ce serait :

  • faire ce qu'on aime à temps partiel, enchaîné à un boulot alimentaire qu'on n'aime pas trop mais qui nous permet de vivre et de faire ce qu'on veut du reste de notre vie,

ou plutôt

  • faire ce qu'on aime à plein temps, enchaîné à une galère matérielle puisque ce qu'on veut faire ne peut pas nous nourrir - en tout cas pas maintenant ?

Hmmmmmmm.

Allez je crois que j'ai plus que quelques jours pour faire mon fameux-choix-du-mois-de-juin, autant dire que j'ai pas beaucoup avancé.

Enfin comme je me connais je vais sûrement faire un compromis et, résultat, en juin prochain rien n'aura changé et il faudra à nouveau que j'affronte la réalité. Bah ui chuis comme ça.

*soupir*

BON alors sinon j'ai réintégré ma liste de films (colonne de droite), si si, parce que je sais qu'il y en a qui ne lisent que ça... Bon les notes ont un peu changé étant donné que je voulais mettre des 'tites étoiles et que 6 étoiles c'est moche. Donc notes sur 5. Révolution.
En revanche j'ai juste mis ça sous forme de liste, sans les commentaires qui, après relecture, n'ont pas été qualifiés pour les sélections de republication en deuxième blogage. Tant pis pour eux. M'enfin si vous voulez causer, me taper, me dire "ouais trop bien çui-là" ou "t'as vraiment des goûts chelous", n'hésitez pas.

Voilà maintenant je retourne fondre devant mes écrans Word haïs.

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 17:16 - 4 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tag(s) vaguement en rapport :

15 juin 2005

Pourquoi Spider-Man 2 était mon film préféré de 2004

[NB : ce message a été récupéré d'un ancien blog]

Parce que c'est l'histoire d'un mec qui a des super pouvoirs et qui a décidé de s'en servir, aux dépens du reste de sa vie (confort, études, amours). Jusqu'au jour où il en a assez que rien ne marche et que les mini-catastrophes s'accumulent : il sera Spider-Man No More. Et il retourne à sa vie de Peter Parker, étudiant brillant, équilibré, sexy et disponible pour Mary-Jane. [Je ne raconte pas la suite au cas où un lecteur perdu n'aurait pas vu le film.]

Donc vous salez, vous touillez, vous modifiez quelques mots dans le résumé ci-dessus, et vous obtenez, en gros, la colonne vertébrale de ma vie actuelle. Sauf que je suis encore dans la phase 1 (si si, vous savez, celle où toutes les catastrophes s'accumulent), et qu'on vient de me prouver que si je fais un certain choix, moi aussi, la phase 2 (si si, vous savez, une vie plus facile) m'attend.

Sauf qu'évidemment c'est jamais aussi simple et que l'alternative n'est jamais aussi claire, tout comme elle ne l'est pas pour Peter Parker. Le tout est dans la conciliation des deux phases, l'acceptation de soi, tout ça... Des choses très claires quand il s'agit de quelqu'un d'autre, quoi.

You always have a choice. Yes yes. Je sais. Je sais même que c'est maintenant ou jamais, et que c'est le genre de virage d'une vie qu'il vaut mieux pas rater. "Bonjour je m'appelle Clémentine j'ai 55 ans je suis SDF à cause d'une décision que j'ai prise le 16 juin 2005"

Mon Dieu que c'est terrifiant.

Bon faut dire que je suis d'un naturel alarmiste et - légèrement - pessimiste, parfois.

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 22:35 - Messages de l'ancien blog - 0 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tag(s) vaguement en rapport : ,
« Accueil  1 
Blogueurs NON influents