Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

31 août 2008

In every lovely summer's day, in every thing that's light and gay, I'll always think of you that way

C'était un jour de soleil entre deux jours de pluie, précédé d'une semaine de vacances engloutie dans un souffle, et suivi d'une autre, avalée en une bouchée.

C'était le stress du matin, plus fort qu'avant n'importe quel examen, concours, pièce de théâtre que j'ai pu connaître. Une chose pour laquelle on ne peut pas réviser, répéter.

C'étaient des visages retrouvés, des repas, des rendez-vous.

C'était une journée d'improvisations plus ou moins réussies, mais qui a finalement coulé naturellement comme une jolie source. Nous n'avons pas regretté un instant de ne pas avoir préparé tout ça depuis des mois et des mois, de ne pas avoir suivi les règles, les traditions. D'avoir choisi, un par un, les morceaux du dîner. Avec une place pour Zooey, Fiona, Aimee. Et Maguy. On nous a dit, à plusieurs reprises, que ce mariage nous ressemblait, et je crois bien que c'est exactement ce que j'attendais. Rien ne pouvait me faire plus plaisir.

Et puis, au même moment, cette info tombait, et mon coeur d'éternelle fan s'est dit que, décidément, il y a des moments, comme ça, où tout est à sa place...

rachel_ryan

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22 août 2008

Here we are, still together

Juillet et ce début de mois d'août ont été doux comme de petites bulles de savon. Witch Street, en quelques semaines, est passée du statut de l'ennui suprême à celui de douceur extrême. Les touristes qui flânent, la rue qui se vide, les échoppes qui ferment leur rideau de fer, des collègues jeunes avec qui papoter et manger des Pitchs, tout cela a contribué à transformer la langueur possible en douce rêverie. Un petit peu plus et je regretterais presque de ne pas aller bosser pendant deux semaines ; à mon retour ce sera septembre, le pâle septembre, et le flot recommencera.

Aujourd'hui comme prévu, c'est l'accélération qui commence. Des papiers de couleur. Des fils bleus. Des crayons pastel. Des visites, des rendez-vous, des appels. Mille tâches, dont je sais que quelques-unes vont passer à l'as. Mon futur mari est excité comme une petite pucelle, c'est joli à voir. Il ressemble à un jeune daim fou.

Je n'arrive pas, comme ma soeur et ma mère, à m'inquiéter de la météo, à redouter les nuages et la pluie. S'il pleut, on ne peut rien y faire de toutes façons, non ?
Comme dirait Gene, "From where I stand, the sun is shining all over the place".

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31 juillet 2008

Just an ordinary day

Aujourd'hui c'était un matin comme je n'en ai pas connu depuis longtemps. Un ciel haut et clair, déjà chaud, juste comme il faut, les passants souriants, le métro pas trop en retard, mon arrivée pimpante et dispose, pour une fois à peu près à l'heure.

Une journée de travail à Witch Street qui se termine à 14 h (vive les 35 h), et puis, le sac chargé de partitions à rendre, direction l'Aquarium, à pied, en croquant un Subway tout frais, et en prenant ces rues prises tant de fois, dans tant de circonstances différentes. L'arrivée à l'Aquarium, où je n'avais pas mis les pieds depuis un sacré bout de temps, et recevoir l'accueil des gens comme un cadeau du ciel, voir leur plaisir, réel, de me voir - c'est peu, probablement, mais pour moi c'est tellement. Moi qui aurais tendance à penser qu'on m'oublie, que je suis indifférente à tous. Leurs sourires, leur chaleur, leurs attentions pour tout ce qui concerne ma vie professionnelle et personnelle, ils se rappellent de tout, de là où j'en suis, me questionnent, me félicitent une fois de plus, m'encouragent. Goûter un peu de leurs présences si denses, celles qui me manquaient tellement au début. Recevoir tout ça comme un paquet de dons, une réserve de bonheur à faire fructifier et à redistribuer.
Il y a eu alors ensuite un moment de grâce, dans le métro aérien du retour, un rayon de soleil bien orienté, une plénitude, un morceau de musique qui finalisait l'instant, l'alignement.

Puis quelques brasses bienvenues dans la piscine toute fraîche, un long moment rien que pour nous deux dans l'eau, Paris toujours, sous le soleil ardent, la Tour Eiffel chauffée à blanc, depuis ce dernier étage si précieux. Cette impression d'avoir juste pris l'ascenseur pour se retrouver en vacances.

Et alors le métro, et l'histoire d'un robot, la fable d'un monde sans mémoire, l'espoir d'une petite pousse verte.

Et puis enfin, retour à Witch Street, la rue, que je visite de nuit régulièrement depuis mon arrivée à Paris - il y a bientôt 7 ans. Le bonheur de finir la journée "à l'italienne", une glace framboise-kiwi à la main - la framboise était divine. Quelques pas, traversant le quartier qui a été longtemps le mien et que je traverse encore souvent - rien n'a bougé ou presque, l'Interlude et sa nouvelle terrasse, l'imprimerie, le Canon du coin, les couloirs de bus, les taxis. Ces taxis que mon ragazzo a dû prendre tant de fois, au moment des séparations obligées des premiers temps.

Une journée ordinaire où se sont glissés des instants de bonheur pur et inattendu, sans qu'il y ait besoin de Lou Reed pour l'illustrer, ça n'a pas de prix.

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18 juillet 2008

Better days

Malgré l'ennui, malgré le désoeuvrement, malgré l'envie d'être ailleurs souvent, je me rappellerai ces jours-là, plus tard : ce seront les jours où l'avenir aura cessé d'être cette ombre vaguement menaçante, incertaine et angoissante. Ce seront les jours où tout à coup, mon chemin, mes virages et mes choix auront fini par former ce dessin, ce début de dessin, avec son sens et sa couleur. Où les sorties de travail seront devenues synonymes de crêpes et de glaces en fleur. Je sais que je repenserai à ces jours avec une tendresse particulière : mon dernier boulot de petite fille.

Aujourd'hui c'est comme si le jour ne s'était pas levé et je flotte, les yeux écarquillés, entre les chiens et les loups. J'observe mon entourage, mes collègues à leur poste, avec calme et bienveillance. Je vais partir bientôt, pour des horizons meilleurs. Cette fois, il ne s'agit plus de cet espoir auquel je n'osais pas même penser, de peur de m'attirer le mauvais oeil. Il ne s'agit plus d'hypothèses, de conjectures, de souhaits, de rêves au conditionnel. A quelques semaines d'ici, une nouvelle vie m'attend. Je l'ai voulue et je me la suis créée.
Et pourtant, tout en cette nouvelle vie signifie le passage à l'âge adulte, celui que j'ai voulu repousser si longtemps, et qui finalement arrive, aussi sûrement que le crépuscule.
On me félicite, on souligne ma brillante réussite, puisqu'après avoir eu un concours, démissionné, eu un autre concours du premier coup, passé des entretiens, je vais finalement être exactement là où je rêvais d'être, que demander de plus ? Mes parents sont rassurés, mon avenir assuré, ma vie privée aussi, tout est sûr et pavé d'étoiles.

Que puis-je dire ?
Combien de fois ai-je entendu "Tout ce que tu entreprends, tu le réussis" ? sans jamais parvenir à le croire, puisque j'avais l'impression de rater, un détail, un secret.

J'aurai beau épouser l'homme de mes rêves et décrocher un boulot dans l'endroit de mes rêves, je serai pour quelque temps encore cette petite fille pétrie d'angoisses et d'incertitudes, de doutes et de solitude, j'aurai encore ces moments de détresse infinie dans lesquels je rentre aussi vite que j'en sors, et j'aurai encore, vissée au ventre, la peur d'être abandonnée, la peur de n'être plus aimée, la peur de ne pas pouvoir/vouloir être aidée. The ranks of the freaks who suspect... etc.

Peut-être que c'est ça qui m'effraie le plus.
Avec ce bonheur et cette réussite parfaits, j'ai peur que tout le monde pense que je suis sortie d'affaire, et j'ai peur de me trouver cette fois dans l'impossibilité de les contredire, et dans l'illégitimité de demander à ce qu'on se préoccupe de moi.

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26 juin 2007

inutile de s'en faire

J'ai ce truc un peu bizarre, certains jours, c'est de miser la qualité de la journée à venir sur celle de la sélection des morceaux par mon Ipod lancé en mode aléatoire.
Certains font des réussites, c'en est une version paresseusement musicale.
Et ce matin, alors que j'allais attendre un bus, j'ai eu le tiercé gagnant Deathly [Aimee Mann] - Dirty Mind [The Pipettes] - Gin-Soaked Boy [The Divine Comedy] - et les deux suivantes étaient chouettes aussi, mais je ne me souviens plus.

Quelques minutes plus tard je pénétrais dans la station Olympiades, propre et souriante, ouverte et lumineuse comme un coquillage gentil. Devant cette gentille station, aujourd'hui et demain, des gens gentils distribuent un ticket magique, qui est gratuit. Ouais. Un gentil ticket. Même qu'il sera collector après, m'a dit la fille à qui je l'ai d'abord refusé - rapport à ma possession de Carte Orange et aux besoins des plus démunis.

Alors, assise dans le métro doux pour aller plancher 4 heures sur un concours - un autre -, je me suis dit que je n'avais pas à m'inquiéter finalement, que tout ça, c'était du flan, que je pouvais bien le rater, ce concours - pas celui-là, l'autre -, que ce n'était pas bien grave au fond, que ma vie était plutôt chouette puisque je prends des métros doux, et que j'ai quelqu'un que j'aime et qui m'aime, et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait le même, ni un autre, qui m'aime et me comprend.

Evidemment, quand je pense à ces matins où je devrais me lever sans lui et me coucher sans lui, dans une ville loin, évidemment ça me fait un serrement là, mais malgré ses deux lettres de moins le serment est plus fort, celui qui avant même d'être prononcé se vit, à fond. Je crois que je le veux vraiment ce concours. Que les six mois de formation ne vont pas m'amuser mais que sûrement ça vaut le coup. Et surtout, que je serai tellement tranquille après. La paix. Alors forcément, je flippe plus que l'année dernière. Quand j'en voulais pas vraiment. Mais en n'en voulant pas, je l'ai eu, alors je fais des raccourcis et des équivalences et je n'aime pas qu'on me dise qu'on est sûr que je vais réussir parce que vous ne savez pas à quel point je ne sais rien. Je dois combler 27 ans de culture générale en une semaine, ça me paraît un peu just. Et devenir bilingue aussi.

Ça fait beaucoup non ? est-ce que, honnêtement, je ne gagnerais pas à dormir comme un chat et à me faire des soirées cocons pour être fraîche et dispose le jour J et embaumer le jury de mon aura paisible ?

Rien ne saurait décrire l'angoisse terrible de ces heures qui s'égrènent les unes après les autres, l'envie de les étirer pour faire toute autre chose, et à mesure que l'heure fatale se rapprochera, les regrets de ces moments passés à ne pas travailler, ces moments où j'aurais pu, en passant, tomber sur cette notion justement qui va me valoir de ne pas l'avoir.
Cercle vicieux. Pervers même. Stop.

inutile de s'en faire

et si je ne l'ai pas je pourrai dormir en paix et me réveiller à ses côtés autant de fois que je le voudrai.
(jusqu'à la prochaine fois)

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14 mai 2007

Une certaine idée du luxe

Dormir.
Avoir démissionné de l'Education Nationale pour ne plus avoir à me lever à 5 heures pour prendre la ligne 1 pleine de gens en costard et aller tenter d'inculquer quelques notions de français à de petits Neuilléens qui n'en ont pas besoin. [Leur avenir était déjà assuré de toutes façons. Les notes, c'était leur valeur-travail à eux, déjà, déjà toute cette merde dans leur tête. Le contenu importait peu. Les virgules importaient peu. Pourtant les virgules c'est le coeur. Le coeur de tout.]
Avoir un boulot à 20 minutes de ma maison.
Ne jamais commencer avant 9h30.
Dormir le matin.
Me coucher après minuit, après une heure.
Dormir le dimanche. Dormir le lundi.
Dormir quand je suis fatiguée, n'importe quand.
Me lover contre sa peau sucrée et tiède et être libre de l'entraîner dans des rêves moëlleux ou de le croquer tout cru, selon les cas. Peu importe quand.
Prendre le temps de faire des choses inutiles.
Prendre le temps de penser.
Dormir et rêver.
Faire un métier où on ne vend rien.
Ne pas être productive.
Travailler honnêtement et le plus sérieusement du monde mais ne pas vivre pour ça.
Gagner à peine plus du SMIC et ne pas me dire que c'est mal. Ne pas me dire que je mérite mieux.
Ne pas travailler pour l'argent.
M'en foutre au fond, même si c'est souvent chiant, de bosser dans des bureaux encombrés et avec zéro moyens parce que la Mairie de Paris est fauchée.
Etre juste contente d'être utile. D'être un petit maillon dans une grande chaîne qui mène un livre vers des yeux, qui mène un caractère d'imprimerie à une pensée.

Tout ça, je sais que ce sont des privilèges, je le sais, mais quelque part ça fait partie de ce que j'ai de plus précieux. Et mine de rien, toutes les conneries que j'ai faites, tous les sacrifices que j'ai faits, ils aboutissent peut-être à ça.
Et j'y tiens.
Vraiment vraiment.

J'aurai le temps de me lever tôt quand j'aurai des enfants. Ou quand la ménopause me tirera du lit dès 6 heures.

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05 avril 2007

A day off

Et voilà,

officiellement depuis cette semaine, ce boulot est devenu celui où je suis restée le plus longtemps de ma courte vie.

Est-ce que ça a un sens ?

Eh bien dans une existence où je m'efforce
[parfois]
à gommer toute idée de signification,
à tort,
[la plupart du temps],
alors pour une fois
pour une fois oui, ça en aurait presque un.

A en juger bien sûr non par mon salaire ni par le caractère
glorieux
de ce travail.

Plus peut-être par ce sentiment
d'être à ma place.

Pas forcément à ma place parmi mes collègues - à ma gauche les mâles bedonnants et mal habillés, qu'on devine asexués par résignation, à ma droite les femelles irascibles, qu'on devine frustrées par choix ou par manque de confiance.

Heureusement les clichés n'ont pas que la vie facile et il y a aussi des gens sympas et équilibrés.
La majorité, peut-être.

De là à en déduire que je me trouve sympa et équilibrée ?

***************************

Mais - effet de cette durée de mon contrat ? - à côté de ça tout le monde depuis hier me dit "Ohlàlà dis donc tu as l'air épuisée", vous savez, comme dans les films parfois ou dans les séries,
enfin en tout cas pas dans la vie réelle,
quand les gens essaient de faire bonne figure
- ou parfois quand ils ont une maladie mortelle ou de graves soucis -
et que tout le monde leur dit "Ça n'a pas l'air d'aller."

Alors qu'au fond j'ai déjà été, il me semble, bien plus épuisée que ça,
mais ça n'arrive que très rarement, qu'on me le dise, "Ça n'a pas l'air d'aller".
[Parce qu'en fait soit j'ai l'air d'aller, soit je craque - jamais pu être dans l'entre-deux, même avec ma maman.
Surtout avec ma maman ?]

Du coup un jour de congé presque forcé.
Un vendredi entier.
Pour moi.
Et mine de rien ça fait bizarre.
Ça me paraît immense.

Dormir, prendre un vrai petit déjeuner en prenant mon temps, flâner sur le web, regarder le Magazine de la Santé, aller chez le médecin, faire quelques boutiques, lire, regarder The L-word, écrire, classer, faire plein de choses que j'ai à faire, [faire une liste de toutes ces choses], laisser la télé allumée et découvrir ébahie ce qui s'y passe, nager, dormir, faire le point.

Et soudain une journée ne suffit plus.

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11 janvier 2007

Les prendre et les poser

Mes mains ont tremblé, avant d'appeler Ghislain l'autre jour, elles ont tremblé comme elles tremblaient quand j'avais 14 ans et que je devais aller parler à quelqu'un, elles tremblaient plus que maintenant quand je dois passer un entretien d'embauche.
Quand il a décroché ça m'a fait un petit coup, et je ne savais pas quoi dire, parce que c'est mon nouveau truc ça aussi, de ne plus préparer mes phrases avant de parler. Du coup je ne sais plus trop parler mais c'est pas grave. C'est un peu dangereux mais je préfère. Puisque de toutes façons même quand je passe des heures à préparer ce que je dis, ça ne me garantit rien.
Quand il m'a dit que non, il ne m'en voulait plus, ça m'a fait une sorte de flux, une petite fébrilité plutôt agréable.
Même si je ne comprends pas. Toujours pas.

****************

Quand j'ai vu tous ces gens qui sont mes amis mais qui normalement évoluent dans des univers bien séparés, ça m'a procuré une joie assez unique. Unique parce que tout ça me semblait naturel. Naturel et joyeux.
Je suis rentrée chez moi en me disant que c'était facile et que la vie était belle parce que désormais ça allait toujours être comme ça.

****************

Parfois je me sens comme une femme trompée qui malgré tous les efforts qu'elle fait ne parvient jamais à chasser le doute de son esprit. Des petits mots qui passent, ou des petits mots qui ne passent pas, sur lesquels j'accroche toutes mes inquiétudes et tous mes sensations de rejet, et j'ai beau me dire Non puisqu'il me l'a dit en direct, c'est que ça doit être vrai, mais tout au fond il y a une petite miette qui reste, qui ne se décolle pas, et je ne vois pas de raison à ma non-présence quelque part autre que, tout simplement, le fait qu'on ne veuille pas de moi.
Alors que je sais bien que ce n'est pas vraiment vrai.
Mais quand même.

****************

La douceur de ces jours de repos. La sensation de travailler 35 heures par semaine rien que pour en arriver là. Dans un cocon doux et tellement sucré que ça ne doit pas exister ailleurs.
Je devrais oublier tout le reste, garder les mots gentils, chasser les pensées bleues, imprimer partout les moments de grâce pour ne pas les perdre.

****************

Le plaisir inédit de savourer le plaisir de rentrer du boulot.
Ne pas rentrer vidée, ni déprimée, ni suicidaire.
Rentrer fatiguée. Juste fatiguée. Avec la permission de ne plus y penser jusqu'au lendemain matin.
Ne pas avoir envie d'y aller le matin mais ne pas se détester de faire ce boulot-là.
Mon Dieu que ça fait du bien.
[Les profs méritent une médaille.]

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22 juin 2006

Oh my god

Ce sentiment de remonter peu à peu à la surface, de faire WOUCH et de prendre tout plein de respirations... et de ne plus trop savoir où donner de la tête.

Tout arrive en même temps, la fin du concours, le retour d'internet, l'été, le soleil, mon balcon et sa petite table pour prendre le petit dèj et plein d'autres choses, et puis cette Freebox qui tue, il faut bien le dire. Le retour de la télé, du coup, le retour du magazine de la santé et de plein d'autres trucs que j'ai oubliés...

Et The Pipettes, enfin, depuis que j'attendais, après les avoir entendues et vues en première partie de The Go!Team... J'en mettrai bientôt dans ma radio - maintenant que je suis une freewoman je n'ai plus de limites, mouhahahahahaha. En attendant un lien vers leur site officiel qui est ORANGE ET BEAU !!!

Et là maintenant j'ai le sentiment de vouloir faire plein de trucs, de rattraper tout ce temps perdu, et en même temps tout ça c'est pour combler le gros viiiiiiiiide qui s'est formé dans mon petit ventre depuis hier. [Faut dire que ça fait plus d'1 an que je ne me suis pas retrouvée sans avoir toujours quelque chose à faire niveau boulot et forcément, ça fait bizarre.] Et pour oublier cette dernière épreuve ratée alors que normalement ça aurait dû aller et c'est pénible.

Bon. Passons.
Maintenant je file au dernier étage et faire plouf dans ma piscine - qui tue, elle aussi.
YEAH

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23 mars 2006

Indécente

J'ai toujours eu tendance à penser que le bonheur est quelque chose d'interdit, et que y avoir droit, c'est s'exposer à une punition divine ou je-ne-sais-quoi, inévitablement, et ça m'avait toujours gâché un peu le tableau. A force d'attendre le truc qui allait me tomber sur la gueule en retour.
Aujourd'hui, je m'étonne de ne plus ressentir cette culpabilité, cette peur de la punition... Oh je sais bien que j'ai de la chance, et parfois je me force à me dire qu'au fond je ne mérite pas tout ça... sauf que non. Au fond de moi quelque chose me crie que c'est comme ça, que c'est bien à moi que ça arrive et qu'il faut que j'en profite.

Pour autant j'ai toujours du mal à parler de ce bonheur-là, à ceux qui connaissent peut-être des périodes de creux ou à ceux qui sont carrément malheureux - et je ne parle pas de ceux à qui j'ai fait du mal. Il y a quelque chose d'indécent là-dedans, je me trompe probablement mais c'est plus fort que moi. Et puis bon je ne vis pas non plus au pays des Bisounours, il y a toutes ces choses compliquées à côté qui me font très peur, que je ne saurai peut-être pas gérer.

****

Aujourd'hui dans le bus, deux vieilles femmes discutaient, de très vieilles copines, toutes vives, avec des tas de souvenirs à partager, des tas d'amies, des tas d'avis sur tout, mais jamais rancies, ouvertes sur le monde, sur les jeunes, sur la vie... Au cours de leur discussion j'ai compris qu'elles avaient toutes les deux plus de 90 ans et ça m'a presque étouffée, j'ai pensé à ma grand-mère qui, à 10 ans de moins, était déjà tellement, hm, diminuée. Je leur aurais bien demandé le secret de leur longévité, à ces petites, mais ça n'aurait pas été très élégant.

****

Ce soir j'ai voulu me faire une monocouette et la prendre en photo, j'ai fait la monocouette mais je n'ai pas trouvé l'appareil photo de quelqu'un (que j'aurais d'ailleurs volé, ce qui est mal) et puis ma webcam ne marchait même pas, alors je vais devoir attendre (et faire attendre), encore. Si l'heureux/se possesseur/hm d'un appareil numérique passe par là... je suis prête à lui montrer ma monocouette. ^^

[edit : pour des raisons techniques ce post n'est publié que le 24]

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