Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

09 novembre 2009

The park across the way, the chestnut tree, the wishing well

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Boy with pigeons at [Circular] Quay, Sydney, 22/6/1935 / by Sam Hood (@ State Library of New South Wales collection)

Étonnamment l'interface Canalblog n'a pas changé depuis la dernière fois, n'est pas devenue payante, et j'ai retrouvé facilement login et mot de passe.
Le temps me manque (pour tout) depuis déjà trop longtemps, alors pour savoir si le prochain billet sera posté dans quelques jours ou dans six mois, je vous avoue, je ne sais pas, et peu m'importe. Le fait est que si je veux retrouver l'envie d'écrire des mots, je dois me débarasser des "faits" qui encombrent mes doigts et qui demandent, comme des enfants capricieux, à être relatés. Alors voilà, depuis le mois de juin........

- J'en ai fini avec Laïonne ; l'été, qui m'a réconciliée avec cette ville, les ballades et la redécouverte des pauses-babyfoot ont jeté un voile doré sur mes dernières semaines de cours, qui se sont égrenées dans ma tête avec ce parfum doux-amer qu'ont les dernières fois.

- C'est là-bas que j'ai eu mon dernier coup de cœur incontrôlable. Je l'ai vu sur les quais de Saône, et je me suis dit qu'il m'était destiné. J'ai hésité, pensé renoncer, mais moins de 24h plus tard, je cédais. J'ignorais que la mode du ukulélé avait été lancé par un vague chanteur de télé réalité, mais tant pis. Dès que j'ai un moment le samedi, je joue du ukulélé et c'est super chouette (à jouer, probablement moins à entendre). Satisfaction d'apprendre toute seule au fil de l'eau et des écoutes, parallèle contradictoire de mes années d'apprentissage du piano, qui s'étaient faites dans la contrainte, l'angoisse et le désir de perfection et avaient fait disparaître presque totalement le plaisir de la musique.

- C'est là-bas aussi (probablement) que je me suis bousillé le pied droit (les descentes de la X-Rousse, en courant à moitié, en sandales à deux balles). Après plusieurs semaines de douleurs sourdes, j'ai fini par consulter, faire des examens divers (la prochaine fois qu'on me prescrit une IRM je saurai maintenant qu'il faut je prenne dix calmants) et découvrir toutes sortes d'ennuis et de contre-indications. J'attends un nouveau rendez-vous avant de faire une croix définitive sur les claquettes. Les talons c'est fini.

- J'ai pris de manière permanente mon poste au Vaisseau. Et si j'aime toujours y travailler, mon poste en lui-même s'est, comme prévu, révélé jour après jour plus éloigné de mes envies et de mes (lançons les grands mots) valeurs. Management et commerce en lieu et place des livres et du public. Autant dire que je guette les opportunités et que je filerai dès que je pourrai - en espérant que ce ne soit pas dans trop longtemps.

- J'ai passé l'été sur mon mémoire professionnel, largement perturbé par des circonstances complexes ; j'ai bien cru que je ne m'en tirerais jamais. J'ai finalement fini dans les délais, moyennant un stress notable et durable.

- Après l'arrêt total de mon traitement de fond pour mes migraines il y a maintenant plus d'un an, je n'avais pas noté d'aggravation - avant cet été. Puis, en septembre, ça a été de pire en pire, jusqu'à une crise tous les deux jours (difficile à évaluer quand on ne sait pas ce que c'est). Soigner le stress a un peu aidé (A suivre). Une autre bonne raison pour changer de job rapidement.

- J'ai eu, lors d'une sieste dominicale, une illumination aussi saisissante que singulière : un mot, écrit blanc sur fond marron, comme l'est la ligne Bakerloo à Londres, qui m'est apparu de façon si lumineuse qu'il m'a réveillée. Depuis, il est devenu le prénom insolite d'un futur personnage. A suivre aussi, j'espère. J'ai besoin de temps (encore)

- J'ai découvert Oxford et en suis tombée amoureuse. Je relis Les Royaumes du Nord pour la peine.

- J'ai, grâce au ministère dont dépend le Vaisseau, trouvé un nouveau logement plus grand et moins cher que l'actuel. Nous allons passer de 26 à 60 m². Le déménagement est prévu pour la semaine prochaine (normalement). Le dernier mois a été consacré à rendre ce moche deux-pièces plus présentable. C'est la première fois que je déménage avec la personne avec laquelle je vivais avant. C'est la première fois que je choisis avec quelqu'un des couleurs, des textures, des configurations. Je découvre les week-ends Ikea / Leroy-Merlin avec un mélange de joie et de désespoir (ces endroits sont rapidement l'incarnation de tous les maux conjugo-familiaux modernes, tout de même). Beaucoup d'idées abandonnées à regret, et des contraintes acceptées à contre-cœur, comme par exemple le fait de poser de la moquette (beurk) pour cacher le vilain lino. On verra combien de temps le provisoire durera. Et on verra comment gérer l'enlevage des chaussures dès l'entrée (beurk bis). Je cherche déjà des thématiques pour que la crémaillère ne signe pas l'arrêt de mort de notre sol.

- J'ai trois copines qui accouchent en décembre, ça augmente forcément avec l'âge mais parmi elle il y a Fleur. Et son annonce au téléphone n'a pas résonné tout à fait comme les autres... La vision de son ventre a été en revanche très naturelle. Cette sale petite fougasse n'a pas voulu me dire le prénom prévu pour sa petite fille. Je suis quelque part un peu triste à la perspective de ne pas la voir grandir (car cette fois je crois que le retour de Fleur en métropole est presque définitivement hors de question)...

- Avant-hier, dans un bar du 20è pour la projection de courts d'un copain, j'ai appelé D'elfe, qui habite la même rue. Elle est sortie de son lit pour me faire un coucou. Nous avons parlé, beaucoup comme d'habitude. Elle est lassée de l'assistanat mise en scène et cherche à jouer, de nouveau. Elle en a marre des difficultés inhérentes à cette démarche. De mon côté j'en ai marre des compagnies théâtre amateur et des pseudos cours qui facturent 700€ l'année pour faire de l'impro dans une pièce parquetée éclairée à l'halogène. A un moment de la soirée, nos discours se sont rejoints, étonnés de ne pas l'avoir fait plus tôt : nous allons bosser ensemble. Travailler des scènes. Pour nous. Réapprendre à travailler un texte, un personnage. Une vraie démarche, même si ça ne débouche pas sur de la scène dans l'immédiat, ça me nourrira plus. J'ai hâte.


Le matin, en allant travailler, je fais rouler dans mes mains, au fond de mes poches, les six marrons que j'ai ramassés au bord de la rivière, dans les jardins de Christchurch College. Ils sont mes talismans. Pour ne pas oublier où est l'important. Tous les matins, en allant travailler, j'ai besoin du contact de ces marrons.

Tapoté par coxetclem à 00:17 - 5 gentil(s) commentaire(s) - Permalien [#]

Commentaires

    Bon déménagement, passer du simple au double ça va vous changer la vie !
    Quant aux chaussures à enlever dans l'entrée, c'est quelque chose qu'on faisait chez nous en France mais qu'on n'a jamais osé demander aux invités, alors qu'ici tout le monde le fait, les Québécois se déchaussent naturellement en arrivant chez eux comme chez toi, du coup tu sais que quand tu vas à une crémaillère/anniversaire/visiter un appart faut pas que t'aies des chaussettes trouées ;op

    Tapoté par Blythe, 09 novembre 2009 à 01:05
  • Hey merci de passer encore ici

    Raaaaah mais voilà, une nation civilisée quoi ! Bon ben soirée québécoise, hop. Je pensais aussi faire une soirée japonaise (ou une soirée "Cooper" mais les fans de Mad Men ne sont pas assez répandus).

    Tapoté par Stella, 09 novembre 2009 à 01:32
  • Extra le déménagement! Passer de 26 à 60 va en effet changer la vie! Pour les migraines, soigner le stress peut influer sur leurs disparitions, il faut 'juste' trouver le bon moyen... le boulot est un facteur énorme... Bon et puis pour le coup des chaussures, on a logé dans un gîte au Québec justement où il fallait laisser les chaussures à l'entrée, cela nous a paru normal, et plutôt confortable! (comme dit Blythe faut pas avoir choisi les chaussettes à trou...) et welcome back!

    Tapoté par caro, 09 novembre 2009 à 15:20
  • J'ai vu un peu de lumière et je suis entré. Ravi d'avoir de tes nouvelles!

    Tapoté par Mick Kelly, 11 novembre 2009 à 20:26
  • Super l'habitude québécoise d'enlever les chaussures. Ca peut toujours s'essayer: propose-le pour la crémaillère!

    Tapoté par Grenouille, 12 novembre 2009 à 13:57

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