31 mai 2009
The Office

City, crowded office space @ The Library Of Virginia
J'accumule les jours passés où je me dis, du matin au soir :"Aujourd'hui j'aurai le temps d'écrire un peu, et de parler de ça et de ça sur mon blog".
Les jours se suivent, je n'ai pas le temps, les ça et ça s'entassent pour devenir un tas de choses anodines, ou de choses trop compliquées pour être expliquées depuis le début.
Au travail par exemple. Je suis de retour au Vaisseau depuis 2 semaines maintenant, après un week-end de rêve dans le sud de la France dont je n'ai pas, non plus, eu le temps de parler... mais je ne désespère pas.
Contente d'être à Paris, contente d'être au Vaisseau, dans ce cadre dont je ne me lasse pas, il y a eu néanmoins, depuis ma prise de poste en décembre, quelques désagréments, qui s'aggravent petit à petit.
Rien n'est simple, mais en quelques mots, je travaille dans un département un petit peu à part dans le monde des bibliothèques puisqu'il contient une bonne part de "commercial". Or, conjoncture et politique actuelle obligent, on nous demande de gagner plus d'argent encore. Et comme l'organisation du travail et l'efficacité en terme de délais laissent à désirer, la direction a programmé en hiver dernier un audit sur notre département.
L'étude en question (le mot "audit" est vulgaire dans mon domaine, comprenez-vous) a commencé en avril, pendant que j'étais à Laïonne. Du fait de mon stage à Londres et de mon mémoire futur sur un point bien précis du circuit de fonctionnement, la consultante exécutive a exprimé le souhait de me rencontrer d'urgence ; nous nous sommes vues un vendredi, et, sortant de mon TGV, j'ai écouté sans ciller son discours pétri d'anglicismes les plus ridicules les uns que les autres, ponctuant son discours de remarques sereines, contrastant avec son stress et son énergie aux dents longues.
Quant à mes collègues, cela faisait des mois qu'ils étaient dans l'inquiétude la plus extrême : sans communication aucune de la part de la direction du département, tout le monde s'imaginait le pire, en particulier l'équipe dont je suis responsable.
A mon retour il y a deux semaines donc, j'ai d'abord eu le plaisir de voir que mon bureau était toujours occupé par le cabinet de consulting. Je savais qu'ils s'y trouvaient pendant que j'étais à Laïonne, mais je pensais que mon directeur aurait la délicatesse de les déloger pour mon arrivée. Mais non. J'ai donc été transférée dans un bureau rempli de nanas, ce qui a de bons côtés, parce que les filles sont de drôles de créatures.
Sur la forme, contrairement à ce que certains collègues pensent, je me fous complètement de changer de bureau, ouhlà, je ne compte pas me transformer en fonctionnaire pantouflarde d'ici peu. Sur le fond, bien sûr, je remarque simplement que de jeunes renards tout fraîchement sortis de HEC, qui sont là pour trois mois, passent avant la dernière cadre embauchée.
Et puis, la semaine dernière, nous avons eu les résultats (partiels et expurgés par la direction, bien sûr) de la phase 1 de l'étude, celle de l'état des lieux. Parmi les 4 points qui sont sujets à une remise en question, 2 concernent directement l'équipe donc je suis directement responsable. Autant dire que depuis, l'ambiance alterne entre le morose et la nervosité, à des degrés parfois insupportables.
Evidemment, secrètement, j'espère que le pôle sera supprimé, et mon poste avec ! Oh, je l'aime plutôt ce poste, qui était mon choix numéro 1 parmi les 25 qui m'étaient proposés au concours... mais j'avoue qu'être responsable d'une équipe était peut-être un peu prématuré, ou plutôt, disons que je suis arrivée à un moment assez peu stratégique, et qu'entre le refus de changement des équipes et la non-communication de la direction, je me dis que le statut d'intermédiaire est possiblement le plus inconfortable qui soit.
Demain je vous parle de mon nouveau vernis à ongles.
[Comme Last.fm ne fonctionne pas ce soir : j'écoute Julie Delpy. Et c'est franchement cool.]
09 mai 2009
On ne connaît plus les parents des copains

Rural school children, San Augustine County, Texas (@Library of Congress)
Quand on était petits, et qu'on voulait appeler une copine (ou un copain, mais ça arrivait quand même très rarement), il y avait tout un tas de difficultés et d'épreuves à traverser.
D'abord, si c'était pour une conversation privée, où on risquait de dire des choses que maman ou papa ne pouvaient pas entendre, il fallait aller dans une cabine. A pièces. Trouver donc un prétexte pour sortir. Au centre-ville.
Une fois là-bas, il valait mieux connaître le numéro par cœur. Sinon, tu te retrouvais à appeler le 12 et à noter les renseignements de ta main gauche sur un papier graisseux.
Quand tu appelais, il y avait peu de chance que ce soit ta copine qui décroche. Il fallait donc identifier ton interlocuteur, et c'était d'autant plus ardu que ta copine avait deux petits frères à la voix encore fluette, et que, une fois sur deux, ça ne loupait pas : "Allô Mme Florin ?" "Non, c'est François".
Mais en général, tu tombais sur la maman (plus rarement le papa), tu devais paraître aimable et fréquentable, polie, sans pour autant perdre trop de temps.
Parfois évidemment tu n'avais plus de pièces et tout dépendait de si tu avais eu le temps de donner le numéro de la cabine à ta copine, et là tu attendais la sonnerie stridente, alors qu'une mémé revêche attendait à l'extérieur, avec un air à t'envoyer à la maison de redressement dans la minute.
Vers la fin du mois, il fallait essuyer les engueulades liées à la note de téléphone, et, le mois suivant, redoubler d'ingéniosité pour pouvoir se parler sans avoir le père Florin, derrière, au chambranle de la porte, en train d'engueuler ta copine et de la sommer de raccrocher.
Le soir parfois quand on se voyait alors, on imaginait des stratagèmes qui pourraient rendre possibles des communications privées, où on pourrait se parler à n'importe quelle heure et sans intermédiaire.
On reliait des gobelets en plastique par des ficelles et on se parlait dedans, émerveillées et pensant avoir trouvé la solution du siècle, avant de se rendre compte qu'effectivement, d'une maison à l'autre, ça devenait compliqué.
Les petits d'aujourd'hui ont mille solutions, du texto au portable en passant par msn.
Mais mine de rien, je ne regrette pas complètement cette époque. Quand tu appelais avec le trac de tomber sur Mme Pouscul qui faisait un peu peur, quand tu allais à des goûters d'anniversaire sous la houlette de Mme Dubois, que tes parents s'arrangeaient avec les Pommier pour que ce soient eux qui aillent te chercher ce jour-là à l'école, et qu'il fallait passer tout un trajet en voiture avec eux...
Connaître les parents des copains, parfois, ça ouvrait une réelle fenêtre de compréhension. C'était normal qu'Aline soit aussi bizarre, avec les parents amish qu'elle avait. C'était normal que Fleur soit aussi gentille et aussi humble, avec les parents adorables mais pauvres à la Ingalls qu'elle avait. C'était normal que Mathieu soit un petit con avec ses parents chirurgiens catho famille nombreuse avec piscine et serre-tête.
Aujourd'hui les copains que je me fais, je ne connais pas leurs parents. Soit ils en sont loin, soit on ne les voit pas. Parce que maintenant, ce sont eux les adultes. Et franchement ça me manque. Quand par hasard je rencontre les parents d'un ami "de l'âge adulte", je suis fascinée. La ressemblance. Tous les indices qui t'expliquent tellement de trucs sur le comportement de leur enfant. Et puis, je ne sais pas. L'impression d'être plus proches. Il y a des gens dont les problèmes et les "défauts" peuvent s'expliquer et se justifier par un seul coup d'œil sur leurs parents. Alors bien sûr, il y a aussi tous ceux qui sont bien contents de ne plus avoir l'ombre de leurs parents sur leur vie, pour des raisons diverses. Moi, quand j'ai déménagé de ma petite ville pour ma ville universitaire, tout à coup ça m'a fait bizarre, de ne plus être reconnue partout comme la fille de M. et Mme K. Au départ, j'ai ressenti une certaine liberté. Je pouvais ENFIN faire des conneries, sécher les cours, sans m'attirer la morale de mes profs. Et puis à force, ça m'a manqué. Désormais c'est fini, je suis encore plus loin. Mais ça me manque.
Ce mélange de honte totale et de fierté, d'appartenance, qui se produit quand tes copains rencontrent tes parents.
***NEWS***
- J'ai de nouvaux cheveux depuis deux jours, vaguement roux foncé, j'ai hâte que ça s'éclaircisse un peu, mais c'est pas mal.
- Comme il y a encore à ce jour plus de visiteurs ici que sur InterStella, je vous indique que là-bas, il y a un jeu méga facile pour gagner des invitations pour aller voir Star Trek. Il suffit de cliquer ici et de répondre aux questions.
- Je me suis enfin inscrite sur Last.fm. C'est affolant comme j'écoute toujours la même chose, mais ce n'est pas une surprise. En nombre d'écoutes, par artiste :
1 The Beatles
2 Benjamin Biolay
3 Aimee Mann
4 The Divine Comedy
5 Belle and Sebastian
6 久石譲 (Joe Hisaishi)
7 Arcade Fire
8 Fiona Apple
9 She & Him
10 Robbie Williams
Bon c'est quand même bizarre que Joe Hisaishi arrive devant Fiona Apple, il y a forcément un bug quelque part.
A voir si ce petit module et toutes ces stats sont réellement utiles...
Du coup, il y a un nouveau widget dans la colonne de gauche, avec ce que je suis en train d'écouter.



















