Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

27 avril 2009

Je prenais ce matin mon dernier TGV pour Laïonne avant 6 semaines, avant la dernière salve, et j'ai réalisé que je n'avais pas eu le temps de parler ici depuis que j'y étais revenue fin mars.

Alors que la ville prend enfin un visage humain, sous le soleil, que les journées s'allongent et que je n'ai plus l'impression que la vie s'arrête après la fin des cours, c'est évidemment maintenant que, comme je l'avais prédit, tous les devoirs, dossiers, rapports tombent, tous à la fois, tous aussi pénibles, tous aussi massifs.

Du coup, alors que je pourrais profiter de cette ville inconnue, de mon quartier, alors que je pourrais partir en expédition pour en découvrir les trésors cachés, tout mon temps libre passe dans la réalisation de ces travaux stupides.
Dommage, je commence tout juste à m'y faire, à cet endroit.
Seulement maintenant, la ville a arrêté de me crier "Tu n'es pas chez toi ici".
Évidemment, le retour à Paris est toujours un émerveillement, mais la semaine est moins rude. Si ce n'était, dans le désordre, l'absence, la maladie, la fatigue, le boulot.

En arrivant ici en novembre j'ai d'abord aimé le parc. Au printemps, c'est encore mieux, et ça reste mon endroit préféré.
Le ravissement, tous les matins, de voir les oies qui mangent de l'herbe, de me moquer de la démarche des poules d'eau, de voir le lac turquoise sous le soleil, d'admirer la brume dans la colonnade blanche. D'entendre les paons chanter pendant les cours. De sortir le mercredi au milieu de dizaines d'enfants qui s'extasient devant les girafes et le porc-épic, une barbapapa à la main. D'aller faire un crochet vers les daims pelés. De trouver à certains endroits, une paix presque parfaite qu'on ne trouve nulle part à Paris.

Les Laïonnais ont toutes sortes de petites particularités étranges, auxquelles je me suis habituée maintenant.
Au supermarché, personne ne met la petite barre sur le tapis derrière ses achats pour permettre au suivant de mettre les siens. Si vous le faites vous-même, la personne derrière ne remercie pas.
Dans le bus, les chauffeurs sont à 40% dingues, à 40% cons. Les 20% restants sont normaux et sympas.
Les Laïonnais ont beaucoup de mal en général dans les situations de foule. Dans un bus bondé, par exemple, rares sont ceux qui avancent vers le fond du bus pour dégager l'entrée. En période de grève des transports urbains, comme c'est le cas depuis la semaine dernière, ils n'ont aucun sens commun, tout le monde se précipite, écrase, broie, alors qu'au milieu restent des espaces vides grands comme des phoques.
Dans un métro en pente, personne ne fera gaffe que vous avez une valise qui roule et qu'il suffirait que vous puissiez vous accrocher quelque part pour ne plus galérer comme une misérable.
Le réseau de transports, justement, avec ses 4 métros, ses 4 tramways et ses bus, est relativement pourri. Dans le métro, les hauts-parleurs diffusent une radio merdique, un peu comme à Magenta. Il y a des contrôles répétés pendant les grèves. A part ça bien sûr, il n'y a plus grand-monde dans les rues à partir de 21 heures, et personne le dimanche.
Les Laïonnais détestent les Parisiens, avec lesquels ils se sentent comparés - à leur désavantage. Du coup, ils méprisent la province, où il ne se passe rien, et se félicitent de vivre dans une aussi grande ville, où il y a des spectacles. "C'est une ville qui bouge". Ils rayonnent.

Pour résumer, les gens sont aussi cons qu'à Paris mais ont moins de sens pratique.

Tapoté par coxetclem à 23:27 - Brouillons ressuscités - 0 gentil(s) commentaire(s) - Permalien [#]

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