Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

05 avril 2008

L'ultime compromission

mug

J'ai commis l'irréparable, le pire, l'atroce.
J'ai achetée une mug [et j'arrête tout de suite le débat sur "mug, féminin ou masculin", parce qu'on peut probablement dire les deux vu que c'est un mot anglais, et j'ai appris ce mot en disant "une mug" donc je n'y peux rien je dirai toujours "une mug"] J'ai achetée une mug donc, exclusivement réservée à mon lieu de travail.
Et pour moi, c'est un peu le pire du pire que l'on puisse faire dans sa vie. Pour d'autres c'est se marier, vous me direz, donc après tout c'est une question de point de vue.

Avoir sa mug. Sa propre mug à soi, dans laquelle on boit son thé pendant sa pause. Mais quelle horreur, mais quelle immonde image, quelle sombre déchéance, encore une fois, vers de bas instincts de propriétaire ! Quelle atroce pas vers la servitude la plus complète, la tasse à soi, avec le thé à soi, pendant sa pause à soi, illusion d'un dernier rempart contre l'aliénation du travail.
Si ça se trouve, je transporterai cette mug de bibliothèque en bibliothèque, elle sera mon objet constant, que je retrouverai avec une sorte de tendresse stupide, peut-être qu'elle s'ébrèchera, peut-être qu'elle brunira aux contacts répétés du thé (non ça ça ne risque pas, je ne fais quasiment pas infuser mon thé), et que je ne l'en aimerai que davantage.

Alors pourquoi ? Qu'est-ce qui m'a pris ? Eh bien il se trouve qu'à l'Aquarium, la cuisine était le centre névralgique, le foyer, avec vue imprenable sur le Jardin et des mugs en veux-tu en voilà dans les placards, des avec des moutons jolis, des colorées belles, bref, le paradis de la pause-thé. En revanche, ici à la bibliothèque Kifouett, la cuisine est aussi conviviale qu'un local poubelle des années 70, et il n'y a pas UNE SEULE tasse qui contienne plus de deux gorgées de liquide. La faute à quoi ? La faute à ce que 1/ presque personne ne prend de pause-café, à part les fumeurs, qui ne font que fumer 2/ ceux qui prennent une pause ont LEUR TASSE A EUX.
Ainsi, malédiction. J'ai le choix entre ne pas prendre de pause. Ce qui, soit dit en passant, ne me poserait pas plus de problème que ça vu qu'à l'Aquarium je n'en prenais quasiment jamais. Mais là, je m'ennuie tellement et j'ai le cerveau tellement vidé que parfois, la pause est la dernière solution contre la folie. J'ai le choix aussi de boire dans des mini-tasses dégueulasses, moches et tristes. Au bout de deux fois j'ai déjà abandonné cette idée. Et voilà comment je me suis trouvée acculée dans cette terrible impasse.

Ma consolation est que cette mug est assortie à une jolie théière ronde et joufflue qui me plaît beaucoup et que j'achèterais peut-être un jour. Comme ça quand je travaillerai à domicile et/ou que je serai millionnaire, tout sera à sa place à la maison.
Conneries, tiens.

Tapoté par coxetclem à 19:49 - 8 gentil(s) commentaire(s) - Permalien [#]
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Commentaires

  • Alors la! La (pour moi c'est "le" mais il faut respecter les coutumes local ) mug comme facteur d'alienation du proletariat!!! Meme Marx n'y aurait pas songé!!!
    Moi, je vois les choses comme ça: Un jour Quelqu'un qui vivait dans un royaume en nourriture (comme ds le conte) avec des maisons en pain d'epice, des ponts saussice ou des chemin à la vanille, a vu un couple un peu etrange pres d'un lac un soir. Mug et Tasse qu'ils s'appellaient. Tasse portait une jolie robe avec des roses dessus. Mug était plutot balaise. Si Mug avait été en bois et un peu plus grand, on aurait dit que c'était une vrai "armoire a glace". Bref, pour Quelqu'un (en fait c'est son nom, quelqu'un) c'etait etrange parce qu'il n'avait jamais vu de Mug, alors il s'approcha. Il fut surpris de voir qu'en fait Tasse consolait Mug qui pleurait a s'en decrocher l'ance.
    -"Qu'est ce qu'il y a?" demanda Quelqu'un.
    -"C'est Mug qui a perdu sa route vers son il"
    -"son il?!"
    -oui
    -"Mais j'en ai vu il y a tout juste quelques minutes qui filait dans le ciel en direction du nord!"
    Et la, lecteurs amis, il serait trop long (et je suis fatigué en plus) pour vous raconter la suite, la chasse a l'il, le combat contre le dragon et tout, mais une chose et sur, Mug ne pleura plus et son ance reste bien acroché car il avait retrouvé son il.
    Voila pourquoi on dit toujours il en parlant d'un Mug, pour qu'il ne se perdent plus jamais de vu.

    Alors a ma decharge je tiens a dire que je suis malade, mais il me semble qu'il fallait que je la raconte cette histoire.
    a bientot Stella K!
    ps: Mais en vraie tu peux encore dire une mug, je crois que Mug n'en serait poas faché

    Tapoté par Mick Kelly, 05 avril 2008 à 22:51
  • Bonjour Stella !
    Je débarque sur ce blog et je dois avouer que l'esprit déjanté du premier post me plaît au plus haut point !
    La question du mug outre celle du genre est effectivement épineuse ... Mais la pause s'impose aussi donc je valide ce choix !

    Tapoté par la brune, 06 avril 2008 à 11:28
  • Je suis moins angoissée par l'idée d'acheter mon propre mug, j'y vois aussi une belle perpective d'économie de gobelets (ce qui ne s'applique évidement pas dans ton cas, mais tu as une bonne raison aussi, c'est hyper chiant les tasses trop petites, ca infuse trop et on a pas le temps de se réchauffer...)

    Tapoté par Camillette, 06 avril 2008 à 16:49
  • T'inquiète pas c'est pas grave ;op J'ai aussi un mug spécial bureau depuis quelques mois, acheté à la boutique de la NASA, il est rose avec le slogan "I need my space" en argenté dessus, je me suis dit en le voyant qu'il était parfait pour trôner sur mon bureau donc. Par contre j'ai de la chance chez moi y a pas de pauses en tant que telles, on va prendre un café/thé quand on veut c'est très cool.

    Tapoté par Blythe, 06 avril 2008 à 17:38
  • oula acheter un mug pour la pause au boulot c'est un peu comme acheter une brosse à dent pour la maison de son autre...

    Tapoté par laetitia, 07 avril 2008 à 08:32
  • Oh, "une mug" je trouve ça tellement original. Avant, bêtement, je disais un mug mais c'est fini.

    Tapoté par Pandore, 09 avril 2008 à 20:12
  • Mouais, j'ai jamais eu cette sensation de propriété. J'ai fait l'acquisition de mon bol (type soupière histoire de me taper un demi litre d'un coup) il y a quelques mois, à la vue dégouttée de la poubelle de notre salle des profs qui dégueule chaque soir des dizaines de gobelets en plastique. Maintenant, j'ai mon bol, qui ne fond pas sous l'effet de la chaleur, qui ne se déforme pas (forme de culbuto quand on verse l'eau bouillante dedans), qui contient plus de deux gorgées et qui ne laisse pas un arrière gout de chimique dans la bouche.

    J'ai pas pour autant mon nom dessus et j'ai pas fait pipi dessus non plus, histoire de marquer mon territoire. Maintenant, je trouve ces considérations pseudo-professionnelles plus qu'intéressantes et je propose qu'on parle de ceux qui viennent au boulot avec leurs brosses à dents pour avoir l'haleine fraiche après la pause déjeuner ! En voilà un cas sociologique important ! Et ceux qui rapportent des gâteaux faits maison tout le temps (là, une analyse psy s'impose)... Et quid de l'utilisation des tupperwares ? J'en aurais des trucs à dire sur les habitudes socio-professionnelles de mes congénères ! Bon , allez, je la mets en veilleuse. J'adore toujours autant ton blog...

    Tapoté par Diane Groseille, 11 avril 2008 à 11:02
  • Je suis allé voir "Manque"..merci !!!!
    des bisous pour toi

    Tapoté par laetitia, 15 avril 2008 à 11:38

Vous êtes arrivés là soit par hasard, soit par un vilain dérapage manuel, soit pour lire les commentaires existants, soit pour en écrire un vous-même. S'il s'agit de la dernière solution, ne prenez pas peur, et tapotez quelques mots, de vos doigts les plus doux, dans le gentil formulaire ci-dessous...