Coccinelle et Clémentine

... et autres personnalités d'une schizophrénie naissante

25 juin 2005

Tendre l'autre joue puis la bouche

[NB : ce message a été récupéré d'un ancien blog]

Bon. Au regard de mon billet du... du je sais plus combien en fait.

Ah ben ça commence bien.

Bref, en regard de ce billet-là, j'aurais dû SAVOIR que j'aurais dû aller bosser aujourd'hui et non pas, dans l'élan de folie qui m'a saisie, aller affronter la foule féminine hystérique des centres commerciaux en pleines soldes. [Oui oui oui les meufs, faites pas les innocentes, parfois vous cherchez les baffes hein.]

Alors dès que j'ai posé le pied hors de mon immeuble, ça a commencé. Un mec à son volant qui me laisse traverser en me regardant avec un sourire narquois et lançant un vieux "Fait chaud hmmmmh?" Bon. C'est ensuite un monsieur qui vend des bougies pour les enfants malheureux et je dis oui ok bon d'accord mais là j'ai pas de sous je reviendrai. "Si tu veux ce soir j'aurai le temps de prendre un verre" Ah oui mais non moi pas. J'entre ensuite dans la Bouche de l'Enfer, à savoir les portes vitrées du centre commercial. Mon dieu. C'est fou, ça grouille de partout, ça chuinte, ça galope. Je trace vers les magasins dans lesquels j'avais repéré deux-trois articles (eh oui pour une fois je m'étais organisée). Et là, magie du commerce : soit lesdits articles avaient disparu, soit ils étaient tout simplement pas soldés du tout en fait mademoiselle non non vous voyez bien ils n'ont pas l'étiquette orange vous êtes conne ou quoi. Bon. Direction les chaussures. Idem, les seules qui me plaisent sont plein tarif. Okaaay
Mauuuudite, je suis mauuuuudite, comme dirait Gérard dans la dernière production joseedayanesque.

Néanmoins, direction le Printemps [le magasin, hein, pas la saison, sinon ça veut rien dire ! pardi. Saperlipopette !] pour ce qui est, je l'avoue, mon groooooos (et unique ?) péché mignon : les articles Mandarina Duck. Et là. Bam. Un portefeuille. Forme idéale. Avec une COCCINELLE DESSUS. Une coccinelle quoi ! J'arme mon cerveau, je fais un savant calcul de pourcentage comme j'ai appris au collège, tic, toc, Bertrand le compte est bon, je prends 58, je le multiplie par 30, ce qui me donne 1740, que je divise par 100, 17.40, que je soustrais de 58, et j'obtiens un prix beaucoup trop élevé pour un portefeuille en soldes. Je suis restée à peu près un quart d'heure en tenant ce portefeuille, en le frottant, en le possédant de mes doigts, sous les regards suspicieux de la dame.

Je l'ai reposé.

[bon ok je le regrette là maintenant, mais j'ai été sage non ?]

Alors après, j'ai farfouillé ça et là, ne trouvant que foule fondue et excitée et articles suuuuuper chers.

J'oubliais. Avant d'entrer dans le Printemps, je croise un jeune homme qui me dit bonjour. Un bonjour un peu invasif donc je réponds mais pas top joviale non plus. Une fois dans le Printemps, je regarde un chapeau de paille (paillasson somnambule bulletin tintamarre etc vous pouvez continuer, allez vas-y Bobby !), et là houuuuu le voilà derrière moi, il m'avait suivie. "Si tu l'achètes, moi j't'emmènes à la mer" [je repose donc le chapeau] "T'as vu ? j'suis rev'nu pour toi". "Il fallait pas" "Mais non mais c'est pour faire ta connaissance" "hmm hmm" "Je t'embête là ?" "Ben c'est-à-dire que j'aime bien être seule, oui" "Ah alors excuse-moi je voulais pas".

MAIS QU'EST-CE QUI PASSE DANS LA TETE DE CES MECS ?

Bon ensuite quelques lourdauds pas méchants, encore le mec des bougies, et puis je rentre pour boire [j'avais soif en fait c'est pour ça] et là je me dis : est-ce que oui ou non je vais à ce showcase de Benjamin Biolay à l'autre bout de la ville alors que c'est dans trois-quarts d'heure et que c'est sûrement sur invitation ou autre traquenard de ce genre ? [Bon pour les lance-flammes et les tomates pourries, vous pouvez attendre, car je consacrerai un prochain billet à mon ami Benjamin, oui oui oui]. Donc je gâche cinq minutes à me décider, et puis je me décide. [Bravooooo Clémentine]. Donc je me tape d'abord un bus bondé avec un mec qui me touche genre y'a pas de place j'ai pas le choix, ensuite un RER moite avec des mecs qui s'asseoient sur les marches pour voir ma culotte. MAIS C'EST LA FETE. Je sors du métro, mais je dois marcher encore un bon bout de temps. Je me paume un peu, forcément, parce que pour ce qui est du sens de l'orientation alors là je suis une vraie fille à 100%, et je me dis que bon sang, pourquoi avoir mis des tongs aujourd'hui. J'ai les pieds en feu, une démarche de débilos, une face cuite par la chaleur et les cheveux dressés genre "salut les fenêtres des RER sont grandes ouvertes". J'arrive à la fnac, j'entends du son au loin, zut ça a déjà commencé. Ben oui hein. Je rentre quand même, et je rejoins les gens debouts au fond comme des malpropres qu'on rejette. Bon, le truc se déroule, je bouge mon corps, j'agite mes mimines, je tape mes membres les uns contre les autres, je contracte mes cordes vocales. Non sans noter un léger mais insistant contact derrière moi. Hm. Pour l'instant j'oublie. Mais le showcase se finit, je sors. J'attends un peu à côté voir si Benjamin va dire des trucs ou amener Chiara ou je ne sais pas moi, me regarder et me dire qu'il me reconnaît. Là je remarque que comme par hasard mon "contacteur" attend aussi. Bon. Mettons. Il a le droit aussi d'être fan. Problème : dès que je fais un pas genre je vais regarder des trucs dans le coin, il me suit du regard. Bon. Et Benjamin qui signe des autographes à n'en plus finir. Je me décide à aller voir si l'album d'Aimee Mann est encore en prix vert, et là le contacteur est sur mon chemin. Obligée de le frôler pour passer. Je passe quand même. Il me chuchote au passage "je t'emmène" (enfin je crois parce que c'était suuuuper chuchoté). Je fais semblant de rien entendre et je prends les escalators. Je le vois un peu plus loin qui me suit. Et là je flippe. En citoyenne moyenne je me rappelle des infos et de cette étudiante tuée à bout portant. Je déteste qu'on me suive. Je m'en fous qu'on me dise bonjour ou des trucs gentils, même si c'est lourd... Le pire c'est que je suis la première à dire qu'il ne faut pas s'offusquer pour ça ni envoyer chier les malheureux... Mais là, comme une connasse de première, je flippe. Je vais voir les bouquins. Je ne le vois plus. Ouf. Et puis hop rayon livres historiques Ooh qui voilà. Nerveusement il se saisit de quelques bouquins, genre je suis à fond dans Napoléon. Généralement dans ces situations j'ai le coeur qui bat à 293, je traverse Paris jusqu'à chez moi sans m'arrêter et sans me retourner et je souffle une fois la porte fermée. Mais là j'en ai marre de perpétuellement me faire emmerder la vie. Donc je rassemble mon courage de looseuse et pour cela je sors de mon sac mes petits et mesquins talents d'actrice. (Y'a que ça qui me rassure finalement.) Je m'approche donc de lui, féline et souriante et lui adresse un suave "Excusez-moi?" Le pauvre, il en lâche tous ses bouquins, il rougit et tout. Mais je suis lancée. J'exécute une magnifique rupture et lâche l'intonation Cat's Eyes vengeresse. "Est-ce que vous me suivez ou c'est juste un super hasard ?" Il bafouille. "Mais non, je vous admire... C'est interdit ?" "Pas du tout, mais s'il vous plaît, ne perdez pas votre temps. Je dis ça pour vous." Tout ceci très fort avec tous les gens autour qui le regardent avec désapprobation.

Il baisse la tête, je m'en vais.

Et après, j'ai honte.

Il était tout timide, tout fragile, tout gentil. Pas un psychopathe du tout. Il a même pas insisté, j'ai même pas pu aller au bout de ma réplique, avec le "Je vais vous donner trois raisons d'arrêter. La première, c'est que ça me met mal à l'aise. La deuxième, c'est que je ne suis pas célibataire. La troisième, c'est que j'aime les femmes". C'est un vieux truc mais ça marche toujours... Pfff.

Tout ça pour dire. Messieurs. Je ne sais pas, je n'arriverai jamais à comprendre ce que vous pouvez espérer quand vous abordez une fille dans la rue pour lui dire qu'elle est ravissante ou pour lui proposer de "simplement prendre un verre en tant qu'amis pour faire connaissance on est juste des êtres humains". Comme ce n'est pas méchant, je mets ça sur le compte des hormones et je vous pardonne. Enfin je vous trouve très cons mais je vous pardonne. Mais le truc à éviter, je vous en supplie, c'est suivre la fille. C'EST FLIPPANT ! OK ?

Putain. Ce que je vous déteste.

Alors parce que je ne suis pas QUE née gative et puisque tout fout le camp, si VRAIMENT vous flashez et que vous voulez tenter votre chance parce que finalement, oui, ça existe... [1 cas sur 10000000, m'enfin] Captez son regard, voyez comment elle réagit... Glissez un petit mot dans son sac avec votre numéro ou autre, ou allez lui donner si vous êtes pas trop timide... Je vous assure que ça vaut mieux, vos chances passeront de 0 à 3%.

Et puis, de manière générale, regardez plutôt autour de vous, devant vos yeux. La femme de votre vie est bien plus souvent dans ce coin-là.

Ouais la semaine prochaine je postule à la rédaction de "20 ans".

Tapoté par votre chère et dévouée Stella à 01:18 - Messages de l'ancien blog - 3 gentil(s) commentaire(s) - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

C'est pas marrant de se relire

-début de l'auto-commentaire-
Le problème de réinsérer de vieux messages, c'est que je les relis. Et que j'ai envie de les recommencer pour mieux les écrire, et aussi pour ne pas apparaître comme une petite pouffiasse - mais bon, faut assumer je suppose. :/

En tout cas, j'aimerais juste préciser qu'en fait, j'aime plutôt discuter avec des inconnus, le problème étant que 90% du temps, l'interlocuteur s'en fout de discuter, contrairement à ce qu'il prétend. Et ça c'est chiant, parce qu'après on me reproche d'avoir été trop gentille et d'avoir été une petite allumeuse bla bla bla.

Et puis aussi, j'apprécie plutôt de me faire draguer, mais cette journée-là avait été une accumulation de chaleur et de lourdauds... d'où ma conclusion haineuse.
Parce qu'au fond, oui, ça peut être chouette de suivre une fille, je vois bien le point de vue... Mais dans ces cas-là il faut bien le faire.
Au fond je pense que j'étais énervée de n'avoir été "draguée" que par des incapables :)

-fin de l'auto-commentaire-

Tapoté par Cox ou Clem, 29 août 2005 à 18:30

Merci...

J'ai beaucoup aimé ce texte. C'est frais, ça fait « vrai ».

Une amie m'a donné il y a quelques temps (en années, mais ça ne compte pas mmm) un petit « manuel d'auto-défense verbale à l'usage des femmes ». Et je crois que je me suis vraiment sentie salope le jour où j'ai voulu appliquer ce que j'avais appris grâce à cette lecture ô tellement édifiante en disant à un jeune homme m'ayant demandé si j'étais seule « oui, et ça tombe bien, j'adore me masturber ».

C'est exaspérant de se faire draguer, suivre et tout le bazar, et en même temps, quand ça n'arrive plus, on se demande si d'un coup on a pris un coup de vieux, si c'est le changement de lunettes qui fait ça (et la super monture rouge « collégienne » 100% remboursée par la sécu), si les hommes ont abandonné le combat et autres conneries du genre.

Et au final c'est encore plus exaspérant de se rendre compte que quand on admire « sans le vouloir » quelqu'un dans le bus, dans la rue, dans un café ou en plein Beaubourg, on n'est pas fichue de décrocher un mot ni de regarder cette personne tant désirée dans les yeux.

Tapoté par Héliade, 07 septembre 2009 à 12:58

Merci à vous

Vos deux commentaires réveillent un peu ce blog endormi...

C'est vrai que ça m'arrive moins, il y a probablement de très bonnes raisons à cela...

Tapoté par Stella K, 07 septembre 2009 à 23:44

Vous êtes arrivés là soit par hasard, soit par un vilain dérapage manuel, soit pour lire les commentaires existants, soit pour en écrire un vous-même. S'il s'agit de la dernière solution, ne prenez pas peur, et tapotez quelques mots, de vos doigts les plus doux, dans le gentil formulaire ci-dessous...







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